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Au Nom d'Allah Le Tout-Miséricordieux Le Très-Miséricordieux

 

 

 

* * * * *

Châpitre deuxième



Comme preuve de ce que nous avançons, évoquons le récit des divergences des Compagnons à propos des prisonniers de la bataille de Badr. En effet Abu-Bakr - qu'Allah soit satisfait de lui - et ceux qui l'ont suivi avaient conseillé de prendre des rançons en échange de leur libération, tandis que Omar - qu'Allah soit satisfait de lui - et ceux qui l'ont suivi avaient conseillé leur exécution.

Or le Prophète
 - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - avait jugé d'après le premier conseil, et le Coran qui a été révélé a cette occasion a préféré le deuxième conseil tout en admettant le premier. Ceci constitue une preuve sur la validité des deux avis et une indication que chacun des deux mujtahidin était fondée. Car si le premier avis avait été une erreur, le Prophète  - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - ne l'aurait pas adopte comme jugement dans cette affaire,


D'ailleurs, Comment le serait-il alors qu'Allah
 - qu'Il soit exalté - a annoncé que c'est le jugement qui convient en disant :


« Si une prescription d'Allah n'était pas déjà intervenue"
Sourate 8 AL-ANFAL (LE BUTIN)  verset 68.

et qu'il a apaisé les adeptes de la rançon en disant :

 


« ce qui, dans le butin, est licite et bon »
Sourate 8 AL-ANFAL (LE BUTIN)  verset 69. 


Le reproche porte uniquement sur le choix de ce qui n'est pas le meilleur. Car la préférence a propos des
madhahib se rapporte souvent a ce qui est meilleur en fonction de la puissance des preuves et des contraintes de la prévention et du scrupule et ainsi de suite parmi les exigences de la terminologie adopté en la matière non en fonction de l'ensemble des madhahib (rites juridiques) en tant que tel.


Mais au regard de la vérité, tous les rites sont fondés et dans la vérité et ne souffrent d'aucune suspicion et d'aucun grief. D'où l'attitude suivie par les soufis de n'adopter aucun rite particulier mais de retenir dans chacun d'eux ce qui est plus exigeant, plus sur et plus scrupuleux. Par exemple, si le rite Shafi`i stipule la permission dans une question et l'interdiction dans une autre, tandis que c'est l'inverse qui a été arrêté dans un autre rite, il convient d'opter pour l'interdiction par précaution.

De même si on stipule l'obligation dans une question et la recommandation dans une autre, tandis que les autres rites prônent le contraire, il convient d'opter pour l'obligation dans les deux questions, par précaution. Ainsi ils stipulent la rupture des ablutions mineures lorsqu'on touche les femmes, ou qu'on touche les organes génitaux, ou lorsqu'on vomit ou qu'on perd du sang. De même, it est stipule l'obligation de formuler l'intention en effectuant le
wudhu' (ablutions mineures), le fait d'essuyer la tête en entier ainsi que l'obligation de la prière witr, etc. C'est ce qu'on a rapporté par exemple dans le livre rawdha al-talibin' (le jardin des chercheurs) sur Ibn Surayj qui lavait les deux oreilles avec le visage et les essuyait en même temps que la tête puis les essuyait séparément par précaution pour satisfaire chaque rite.

Comme exemple de ce que nous avons avancé, a savoir que tous les rites sont fondés et qu'ils s'ensuivent dans la logique de ce qui est permis et meilleur, non dans celle de ce qui est vrai ou faux, citons ce qu'on a rapporté sur un groupe de compagnons (al- sahâba) qui n'ont pas admis les lectures célèbres que prônait le Calife Othman et qui ont choisi d'autres lectures. Les savants expliquent leur dénégation en disant que ces compagnons voulaient signifier qu'il est préférable de choisir d'autres lectures du Coran et qu'ils ne voulaient nullement nier la possibilité d'y recourir pour réciter le Coran. D'ailleurs j'ai consacré un chapitre entier à cette question dans mon livre intitulé
al-Itqanfi ulimi al-Coran (la perfection dans les sciences du Coran).


 

 

   

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