![]() |
![]() |
![]() |
|
Une prière pour le prophète tous les jours ou dès que l'on se connecte insha Allah |
|
|||||||
| Réfutations et critiques scientifiques. Cette rubrique est resérvée à la critique scientifique des groupes et mouvements qui sont en marge des quatres écoles sunnites. Réservée aux utilisateurs avertis. |
![]() |
|
|
Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
|
#1 |
|
banni
![]() Date d'inscription: avril 2005
Messages: 4 711
|
Les « arguments » contre le Soufisme et leur réfutation Bismi-l-lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîmi-l-hamdu li-L-lâhi Rabbi-l-`âlamîn Wa sallâ-L-lâhu `ala Sayyîdinâ Muhammadin-in-Nasîri-l-haqqi bi-l-haqq Wa `alâ âlihi wa sahbihi wa sallam taslîman. Ce texte est une réponse à une fatwâ produite par l’un des savants wahhabites contemporains très répandu sur le web francophone. L’équipe Aslama propose cette réfutation afin de mettre fin aux attaques et aux accusations infondées contre cette noble science qu’est le Tasawwuf (le Soufisme). Nous demandons l’Assistance d’Allâh (subhânahu wa ta`ala) afin qu’il délie nos langues, nous facilite la tâche et ouvre nos cœurs à Sa lumière et nous recherchons Son Amour et Sa Satisfaction en défendant Ses Saints (al-Awliyâ), qu’Allâh les agrée tous. Le Soufisme et les Soufis : une introduction… Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit dans le célèbre Hadîth de Jibrîl définissant la Religion (ad-Dîn) que celle-ci comporte 3 parties : Al-Islâm : Pratiquer les 5 piliers que sont le Témoignage (ash-Shahâda), Les modalités d’accomplissement ont été établies par les savants du fiqh, du Hadîth et des diverses sciences liées. Ils ont déduit des sources premières, le Qur-ân et Al-Imân : Croire en Allâh, Ses Anges, Ses Livres, Ses Prophètes, au Jour Dernier et en C’est l’objet d’étude de la science de la théologie (al-kalâm) qui permet d’avoir une foi saine. Cet objectif est réalisé en s’affiliant aux 2 écoles de croyance (`aqidah) fondées par nos maîtres, Abû-l-Hasan al-Ash`arî et Abû Mansûr al-Maturidî (qu’Allâh les agrée) et suivies par les théologiens (mutakallimûn) Sunnites depuis des siècles. Al-Ihsân : ( « C’est adorer Allâh comme si tu Le voyais, et si tu ne Le vois pas, certes Lui te voit. » Un Shaykh (qu’Allâh l’agrée) a dit : « Lorsque Allâh ta`ala a déscendu les hommes sur terre, Il les a voilés. Les Prophètes (paix sur eux) ont été envoyés pour nous faire traverser ses voiles. » C’est le but de la science du Soufisme (at-Tasawwuf) qui consiste à purifier le cœur : le débarrasser des mauvais penchants et acquérir les qualités nobles afin de parvenir à la sincérité et la servitude parfaite. Les principaux moyens employés sont le compagnonnage d’un homme pieux et savant afin de reproduire le lien d’amour entre le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam) et ses Compagnons (qu’Allâh les agrée) et le rappel d’Allâh (adh-dhikr) individuellement et en groupe. Allâh (subhânahu wa ta`ala) a dit : « En vérité Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) rapporte ces Propos de Notre Seigneur dans un Hadîth Qudsî authentique : « Quiconque manifeste de l’hostilité envers l’un de Mes saints (awliyâ) Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par quelque chose qui Me soit plus agréable que l’accomplissement de ce que Je lui ai prescrit… » Allâh (subhânahu wa ta`ala) dit dans ce même verset : « …et le rappel d'Allâh (dhikru-Llâh) est certes plus grand. » Et le Prophète (salla-Llâhu `alayhi wa-sallam) a rapporté de Notre Seigneur : « …et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par des œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Et quand Je l’aime, Je suis son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il regarde, sa main par laquelle il saisit et son pied avec lequel il marche. S’il M’adresse une demande, certes Je l’exauce ! S’il cherche refuge auprès de Moi, certes Je le lui accorde !... » Tels sont les objectifs de cette noble science et des Voies fondées par nos maîtres, les grands Saints de l’Islâm : Sayydunâ `Abd al-Qadîr al-Jilânî, Ahmad ar-Rifa`i, Shihâb ad-Dîn as-Suhrawardî, Mu`înu-d-Dîn Shistî, Shah Naqshband, `Abd as-Salâm ibn Mashîsh, `Umar al-Khalwatî, Abû-l-Hasan ash-Shâdhilî, Ahmad al-Badawî, `Abd al `Azîz ad-Dabbâgh, Ahmad at-Tijânî et tant d’autres qu’Allâh sanctifie leurs âmes. Ces Voies ont traversé les siècles et le monde islamique et ont chacune dans leur rang des Saints qui les ont reformées et maintenues vivantes comme, entre autres, le Shaykh Muhammad ibn Nasîr, le Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Jazûlî, le Shaykh al `Arabî ad-Darqawî, le Shaykh Ahmad al-`Alawî, le Shaykh Ahmad Farûq as-Sirhindî qu’Allâh sanctifie leurs âmes. Le Soufisme a aussi eu ses théoriciens qui ont formulé les doctrines et défini les pratiques dans leurs ouvrages. Citons en guise d’exemple nos maîtres Abû-l-Qasîm al-Qushayrî, Abû Tâlib al-Makkî, Hujjâtu-l-Islâm Abû Hâmid al-Ghazâlî, Shaykh al-Akbarhyî-d-Dîn ibn `Arabî, Ibn `Atâ Allâh al-Iskandarî, `Abd al-Wahhâb ash-Sha`ranî, qu’Allâh sanctifie leurs âmes. Ces Voies remontent par des chaînes de garants au maître de l’Existence (As-Sayyîd al-wujûd) notre maître Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), le Bien-Aimé d’Allâh, en passant par des Compagnons et des Pieux Prédécesseurs comme Sayyîdunâ Abû Bakr as-Siddîq, Imâm `Alî (karram Allâh wajhahu), Imâm al-Hasan et Imâm al-Husayn, Salmân al-Farisî, al-Hasan al-Basrî, Sahl at-Tustârî, Abû Yazîd al-Bistâmî, Sarî as-Saqatî et as-Sayyîd at-Ta-îfâ Imâm Abû-l-Qasîm al-Junayd al Baghdâdî, qu’Allâh les agrée tous. La particularité de cette science réside dans le fait qu’elle ne peut s’acquérir uniquement par les livres et l’instruction et nécessite une mise en pratique afin d’en bénéficier pleinement comme en témoigne notre maître Hujjâtu-l-Islâm (la preuve de l’Islâm) Abû Hâmid al-Ghazâlî (qu’Allâh l’agrée) dans son autobiographie al Munqidh min ad-Dalâl : Mu « J’ai alors appris la quintessence du dessein de leur science au moyen de l’enseignement et de l’audition de leur Voie. Il m’apparut alors que ce qui leur est proprement spécifique ne peut être atteint que par le goût intime (adh-dhawq), les états spirituels et les mutations des qualités et non pas par l’étude. » Fin de citation. Notre maître, l’Imâm Abû-l-Qasîm al-Qushayrî introduit ainsi son Epître sur de Soufisme (Ar- « Sache, qu’Allâh exalté soit-Il te fasse miséricorde, qu’après le départ du Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam), les meilleurs Musulmans de l’époque ont choisi de se désigner par un terme qui renvoyait à leur compagnonnage avec le Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam), car aucune vertu n’est supérieure à cela. Ainsi, ils se nommèrent les Compagnons (sahaba). Lorsque les gens de la génération suivante leur succédèrent, ceux qui ont côtoyé les Compagnons se nommèrent les Suivants (tabi`ûn). Les Suivants considéraient ce nom comme le plus porteur de vertu. Quant à ceux qui sont venus après, ils se nommèrent les Suivants des Suivants (tabi`u-t-tabi`ûn). Lorsque les gens se sont diversifiés davantage, leurs rangs se sont distingués les uns des autres. Leur élite, qui avait un fort attachement aux questions de la foi, ont fini par être désignés par les ascètes, ceux qui ont renoncé au monde (zuhhâd pluriel de zahîd) ou les adorateurs (`ubbad pluriel de `abîd). Puis les innovations sont apparues ainsi que les conflits entre les diverses factions. Chaque groupe prétendait que les vrais ascètes étaient parmi eux. Quant à l’élite des adhérents à Fin de citation. Le noble maître Ahmad ibn Habîbu-Llâh M’backé (qu’Allâh l’agrée), surnommé al-Khadîmu-r-Rasûl, le serviteur du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit dans son Masâlik-al Jinân (Les Itinéraires du Paradis) : « Je dis que les générations de notre temps ignorent le Soufisme (at-Tasawwuf) et perdent par là beaucoup d’avantages. Ils ignorent que le Soufisme constitue un chemin menant jusqu’à l’Enceinte Scellée ; que leur perte est lourde ! Ils ignorent que le Soufisme constitue le meilleur viatique au jour de la désillusion, quand la grande peur frappe les créatures. Ils ignorent qu’il est la meilleure des sciences dans lesquelles l’homme passe sa vie entière. Ils ignorent qu’il confère à l’homme la droiture et la garantie contre le blâme. » Fin de citation. |
|
|
|
|
|
#2 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: avril 2005
Messages: 4 711
|
Nous reproduisons ici les propos du détracteur, qu’Allâh nous en préserve :
|
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#4 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: avril 2005
Messages: 4 711
|
Les différentes Voies Spirituelles (turûq, pluriel de tarîqah) ne sont que des écoles fondées en vue de réaliser les objectifs de la noble science qu’est le Soufisme (at-Tasawwuf). Il n’y a pas plus de divergences entre elles qu’entre les 4 écoles de jurisprudence traditionnelle. Les seules divergences sont d’ordre méthodologiques ou dans la formulation, l’objectif restant identique comme le prouvent les propos qui suivent : L’érudit al-Hâjj Mâlik ibn `Uthmân Sy (qu’Allâh l’agrée) a dit dans son Ifhâm al Munkîr al Jânî : « Dans al Anwâr al Qudsiyyah fî at-Tarîq ash-Shâdhiliyya, ouvrage de notre maître Muhammad ibn Muhammad Hasan ibn Hamza, après avoir mis l’accent sur ce que l’on peut résumer ainsi : l’établissement des confréries des Gens (qu’Allâh les agrée) se fonde sur les règles de la Loi Islamique pure et sur les principes établis de la Noble Tradition Prophétique, dit : ‘Même si la terminologie des fondateurs de confréries (Turûq) (qu’ils soient agréés d’Allâh), diffère dans les divers paliers de l’éducation, selon les époques, les lieux et les dispositions des disciples, il reste que l’objectif visé chez tous, est le même, à savoir la sincérité dans le culte voué à Allâh, ce qu’indique ce verset : Que leur commande-t-on, si ce n’est d’adorer Allâh d’un culte sincère. Aucun parmi eux n’a, dans sa confrérie (ndT : Tarîqah), préconisé autre chose ou indiqué une autre voie que la piété et le respect scrupuleux des commandements du Seigneur, dans le secret, la confidence et en toute circonstance. D’autre part, il existe, pour chaque endroit, un langage qui lui convient, pour toute époque un état des hommes, et pour chaque confrérie une terminologie de circonstance, élaborée compte tenu du moment, du lieu et des Frères. C’est pour cette raison qu’on voit des différences entre la Shâdhiliyyah, et la Qâdiriyyah, et entre celle-ci et la Rifâ`iyyah.’ Plus loin il ajoutera (qu’Allâh l’ait en Sa miséricorde) : ‘Pourtant ils n’ont tous qu’un seul objectif : l’Essence Sublime et Elevée et les Attributs Transcendants.’ » Fin de citation. Ainsi, le Shaykh nous informe que les différences sont liées à l’époque, au lieu et aux gens. Concernant les divergences, il a dit dans son poème Fâkihatu-t-Tulâb (Fruit aux Sollicitants) : « La différence des méthodes et doctrines tiens à celle des goûts et des Ecoles. Aussi les Awliyâ se critiquaient-ils sans malveillance aucune cependant Car Allâh donne à chacun d’eux un flux que l’autre ne reçoit. » Les différents Saints fondateurs de Voies spirituelles et leurs disciples divergent à la manière des Imâms du Fiqh et leurs adeptes (qu’Allâh les agrée tous). Wa-Llâhu a`lâm. Le noble maître Ahmad ibn Habîbu-L-lâh M’backé, dit Ahmadu Bamba, (qu’Allâh l’agrée) a dit dans Masâlik al Jinân, à propos des invocations (awrâd) constituant la Voie des divers Maîtres : « Chaque Wird conduit le pratiquant vers l’Enceinte Scellée d’Allâh, sans déviation, Peu importe que ce Wird vienne d’al Jîlânî, d’Ahmad al Tijânî ou d’un autre parmi les Aqtâb (Pôles) – qu’Allâh soit satisfait d’eux. Car ils sont tous dans la rectitude et la probité ; garde-toi d’en mépriser et n’en critique aucun dans ta vie.» Fin de citation. Ces paroles indiquent clairement le respect mutuel que doivent se vouer les maîtres et adeptes des diverses écoles de purification. Le Shaykh al Islâm al Hâjj Ibrâhîm ibn `Abdu-Llâh Niass (qu’Allâh l’agrée) a dit dans son al-Bayân wa al-tabyîn `ani-t-tijâniyyati wa-l-tijâniyyîn : « En se tolérant mutuellement, les gens se sont affiliés qui au Shaykh `Abdu-l-Qâdir al-Jîlânî, qui au Shaykh Abî-l-Hasan ash-Shâdhilî, qui au Shaykh Ahmad at-Tijânî. Tout revient au même: les invocations sont celles du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) et il s'agit de rappel d’Allâh et non de rappel d'un autre. » Fin de citation. Le Shaykh Ahmad at-Tijânî (qu’Allâh l’agrée), l’un des fondateurs de ces Voies, à l’instar des autres maîtres et en conformité avec la noble Sunnah al-Muhammadiyyah, recommandait à ses disciples, conformément au Hâdith authentique « Quiconque est hostile à l’un de mes saints (awliyâ), Je lui déclare la guerre… » : « On ne plaisante pas à propos de la sainteté de nos maîtres, les Saints (Awliyâ), ni ne prenons à la légère leur éloge. Ainsi, faîtes l’éloge de la sainteté des Elus, qu’ils soient morts ou vivants, car celui qui glorifie leur sainteté verra la sienne glorifiée par Allâh. Quiconque les méprise, Allâh l’humiliera et Se courroucera contre lui. Ne prenez pas à la légère l’éloge des Saints. » Fin de citation. Ces propos ont une portée générale et concernent tous les Saints quelque soit leur appartenance d’école (Madhhab) ou de Voie spirituelle (Tarîqah). Ces paroles suffisent à elles seules pour réfuter l’accusation mensongère. Al-hamdu li-Llâh `alâ dhalik. Sources et compléments : Fatwâ du Muftî `Alî Jum`a, Président du comité de la Fatwâ d’al-Azhar sur le Soufisme (qu’Allâh bénisse le frère SalamùAleykum) : http://aslama.com/forums/showpost.ph...45&postcount=2 |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#5 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: avril 2005
Messages: 4 711
|
L'existence des Saints : les Abdal, les Aqtab et les Awtad...
L’auteur de ces propos entre, par cette parole, dans la description donnée par notre maître `Abdu-Llâh ibn `Umar (qu’Allâh l’agrée) à propos des membres de la secte kharijite : « Ces gens ont pris des versets révélés à propos des mécréants pour les appliquer à des Musulmans. » (Rapporté par al-Bukhârî) Allâh (subhânahu wa ta`ala) a dit : « En vérité, les Bien-aimés d'Allâh (Inna awliyâ-L-lâh) seront à l'abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés, ceux qui croient et qui craignent [Allâh]. Il y a pour eux une bonne annonce dans la vie d'ici-bas tout comme dans la vie ultime. - Il n'y aura pas de changement aux paroles d'Allah -. Voilà l'énorme succès ! » (10 : 62-64) La croyance en l’existence des Saints (awliyâ plur. de walî) et en leurs prodiges est un point de croyance fondamental de la doctrine des Gens de la Sunna (Ahl as-Sunnah) comme en témoignent les propos de l’Imâm at-Tahawî dans la al-`Aqidatu-t-Tahawiyyah : « 99 - Nous croyons aux miracles produits par les Saints, ainsi qu'à ce qui est rapporté avec authenticité à leur sujet. » Seul un innovateur ou quelqu’un dont on craint la mauvaise fin rejette leur existence. Qu’Allâh nous en préserve. Concernant les termes Abdal (plur. de Badal), Aqtâb (plur. de Qutb)… etc. Ce sont des terminologies employées par les savants pour qualifier certaines catégories de Saints décrites dans les Hadîths. Voici des récits authentiques confirmant l’existence des saints (awliyâ) et des Abdal en particulier : « Les Abdâl sont au nombre de 30 dans ma communauté : c’est par eux que la terre se maintient, que la pluie vous parvient et que vous recevez le soutien d’Allâh. » (Rapporté par Tabarânî. Hadîth authentique.) « Les Abdâl sont au nombre de 30 dans cette communauté : leur cœur est en affinité avec celui d’Ibrâhîm, l’intime du Tout-Miséricordieux (Khalîl ar-Rahmân). Chaque fois que l’un d’entre eux meurt, Allâh le remplace par un autre. » (Rapporté par Ahmad ibn Hanbal. Hadîth authentique.) L'Imam Ahmad rapporte dans son Musnâd (1:112) : « ... On a mentionné les gens de Syrie devant `Alî ibn Abî Tâlib (qu'Allâh l'agrée) alors qu'il était en Irak et on lui dit : "Maudis-les ! Ô Commandeur des Croyants." Il répondit : "Non, j'ai entendu le Messager d'Allâh dire : Les Abdâl sont en Syrie et sont 40 hommes, chaque fois que l'un d'eux meurt, Allâh le remplace par un autre. Par leur cause, Allâh fait descendre la pluie, donne la victoire (aux Musulmans), et éloigne le châtiment des gens de Syrie. » Al Haytamî a dit : "Les hommes de la chaîne sont tous ceux du Sahih à part Sharih ibn `Ubayd qui est fiable (thiqa)" [Ce hadith est donc authentique.] Al-Hâkim a rapporté ce qui suit et l'a considéré Sahih; ce qu'adh-Dhahabî a confirmé : `Alî (qu’Allâh l’agrée) a dit : « Ne maudissez pas les gens de Syrie, car parmi eux se trouvent les Abdal, mais maudissez leur injustice. » Fin de citation. Les propos qui précèdent sont tirés du site www.sunnah.org sous la responsabilité de Shaykh Muhammad Hishâm al-Kabbanî et Sîdî Jibrîl Fouad Haddad. On peut citer comme preuves les récits suivants rapportés par l'Imâm as-Suyûtî dans son épître dédiée à la question : Il est rapporté par Tabarani selon Ibn Omar (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Les Élus (Akhyar) de ma communauté sont au nombre de 500 pour chaque siècle, et les Abdal sont au nombre de 40. Jamais ils ne sont en dessous de 500 ou de 40. À chaque fois que l’un d’eux meurt, Allah le remplace et l’un des 500 remplace celui des 40 ». Il lui dit alors : « Ô Messager, parle-nous de leurs œuvres ». Il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : Ils pardonnent à ceux qui sont injustes envers eux, et ils se comportent bien avec ceux qui se comportent mal avec eux et ils font largesses avec ce qu’Allah leur accorde ». (Rapporté aussi par Abou Nou’aim, Tamam et Ibn Asaker selon la même chaîne et il existe des variantes avec d’autres chaînes). Il est rapporté par El Khalal dans Karamat El Aouliyaselon Ibn Omar (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il ne cessera d’y avoir 40 hommes par lesquels Allah protège la terre. À chaque fois qu’un de ces hommes meurt, Allah le remplace par un autre, et ils sont sur toute la terre ». Il est rapporté par Abou Nou’aïm selon Abdallah Ibn Mess’oud (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah possède dans la création 300 hommes qui ont le cœur comme celui d’Adam ; Allah possède dans la création 40 hommes qui ont le cœur comme celui de Moussa ; Allah possède dans la création 7 hommes qui ont le cœur comme celui d’Ibrahim ; Allah possède dans la création 5 hommes qui ont le cœur comme celui de Djibril ; Allah possède dans la création 3 hommes dont le cœur est comme celui de Mika-il ; Allah possède dans la création un homme dont le cœur est comme celui d’Isra-il (paix sur eux). Si celui-ci meurt, Allah le remplace par un des 3. Si l’un des 3 meurt, Allah le remplace par l’un des 5. Si l’un des 5 meurt, Allah le remplace par l’un des 7. Si l’un des 7 meurt, Allah le remplace par l’un des 40. Si l’un des 40 meurt, Allah le remplace par l’un des 300. Si l’un des 300 meurt, Allah le remplace par quelqu’un d’entre les communs. C’est par eux que l’on vit et que l’on meurt, qu’il pleut, que poussent les moissons et que les calamités sont repoussées ». Il fut demandé à Abdallah Ibn Mess’oud (qu’Allah l’agrée) : « Comment cela : par eux on vit et on meurt ? ». Il répondit (qu’Allah l’agrée) : « Car ils demanderont à Allah qu’augmente la communauté et elle augmentera, ils imploreront contre les oppresseurs et ils mourront, ils demanderont la pluie et il pleuvra, ils demanderont et la terre fera pousser sa moisson pour eux, ils imploreront et alors les diverses calamités seront repoussées » (Rapporté par Ibn Asaker). Il est rapporté par Tabarani dans El Kabir selon Abdallah Ibn Mess’oud (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il ne cessera d’y avoir 40 hommes dans ma communauté dont les cœurs sont comme celui d’Ibrahim (paix sur lui), Allah en fait une protection pour les habitants de la terre, on les appelle les Abdal, ils ne le sont pas devenus par les prières, le jeûne ou l’aumône ». Ils lui dirent : « Ô Messager d’Allah ! Par quoi le sont-ils devenus ? ». Il répondit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Par leur générosité et les bons conseils prodigués envers les musulmans ». Fin de citation (voir texte entier en lien plus loin). Signalons que le pouvoir accordé aux Saints de repousser les calamités ou d’attirer les grâces ne sont qu’un pouvoir d’intercession envers Allâh ta`ala à qui revient la Toute Puissance et la Souveraineté sur toute la Création. Aucun Musulman n’a fait des Saints des égaux ou des partenaires à Allâh (subhânahu wa ta`ala). Nous croyons qu’ils sont des serviteurs honorés et purifiés et qu’Allâh entend leur supplique et exauce lorsque l’on se tourne vers eux, à cause de l’Amour qu’Il leur porte. « Certes Allâh – qu’Il soit exalté – possède des serviteurs à qui il a confié la tâche de répondre aux besoins des gens. Ainsi ces derniers trouvent un refuge auprès de ces serviteurs. Voilà les personnes préservées du châtiment d’Allâh. » (Rapporté par Tabaranî. Hadîth valide, hasan) « Il arrive qu’un homme vêtu de haillons et repoussé de toutes les portes, n’ait qu’à adjurer Allâh pour qu’il l’exauce. » (Rapporté par Muslim. Hadîth authentique.) « Il est des serviteurs d’Allâh qui n’ont qu’à adjurer Allâh pour qu’Il les exauce. » (Rapporté par al-Bukhârî. Hadîth authentique.) Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a décrit ainsi notre maître `Uways al-Qarnî (qu’Allâh l’agrée) qui pourtant ne faisait pas partie de ses Compagnons : « II vous viendra avec les renforts du Yémen `Uways Ibn 'Amer, de la tribu de Murâd et du clan de Qaran. Il était lépreux puis guérit n'en gardant qu'une marque de la grosseur du dirham. Il a une mère qu'il traite avec piété filiale, s'il faisait à Allâh un serment pour qu’Allâh lui fasse quelque chose, Allâh ne démentirait pas son serment. Si tu peux lui demander de prier pour ton absolution, fais-le... » (Rapporté par Muslim) Concernant le sujet, de nombreux autres récits sont cités par notre maître, Jalâlu-d-Dîn as-Suyûtî dans son recueil d’avis juridiques Al-Hawî li-l-Fatawî, dans une Fatwâ intitulée al-Khabar al-dall `alâ wujûd al-Qutb wa al-Awtâd wa an-Nujaba wa al-Abdal ou Les Récits qui indiquent l’Existence du Pôle (Qutb), des Piliers (Awtâd), des Guides (Nujaba) et des Substituts (Abdal). L’Imâm An-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) rapporte dans son Bustân al-`Arifîn : « Nous rapportons aussi sur l’illustre maître Hammad ibn Salama (qu’Allâh lui fasse miséricorde) que l’on considérait comme faisant partie des Abdâl… etc. » Notre maître, l’Imâm as-Sakhawî, disciple d’al-Hâfidh ibn Hâjar al-`Asqalanî (qu’Allâh leur fasse miséricorde) a écrit un ouvrage intitulé : Al-Manhal Al-Adhb Ar-Râwî fî Tarjamat Qutb al-Awliyâ’ An-Nawawî (La Source d’Eau Douce dans la biographie du Pôle des Saints an-Nawawî). Il y cite des propos de Saints et de Savants qui affirment que le maître an-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a atteint le grade de Pôle (Qutb) des Saints de son époque, c’est-à-dire le plus haut degré. Note importante : Bien qu’Ibn Taymiyyah (qu’Allâh lui fasse miséricorde) ne soit pas une référence ni dans le domaine de la Croyance ni dans celui du Soufisme, il est cité car il est considéré comme une référence par les détracteurs contemporains du Soufisme. Il mentionne les Abdal dans la dernière partie de al-`Aqidah Wasitiyyah en ces termes : « Ce Groupe qui se tient fermement à l'Islâm pur est représenté par les gens de la Tradition et du Consensus, il compte en son sein les Véridiques, les Martyrs et les Pieux, mais aussi les flambeaux de la guidance qui dissipent les ténèbres et dont les vertus sont mémorables. Les Abdâl et les Imams de la religion sont parmi eux et les Musulmans sont en parfait accord sur leur bonne guidance… » Fin de citation. Notons que ce passage a été supprimé de certaines éditions récentes. La croyance en l’existence des Aqtâb, des Abdâl et d’autres Saints n’est pas une « doctrine soufie », une hérésie ou une innovation et ne mérite en rien les insultes auxquelles l’auteur s’est adonné dans son texte. C’est plutôt une croyance basée sur des bases solides de la Sharî`a et des avis de Savants reconnus. Sources et textes complémentaires : Texte sur le sujet : http://www.tidjaniya.com/faq-existence_poles.php A propos des Abdâl (en anglais) : http://www.sunnah.org/publication/sa...veiled/p14.htm Le saint sait-il qu’il est un saint ? http://aslama.com/forums/showthread.php?t=12156 Des preuves concernant les Awliyâ : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=12592 Ibn Taymiyya, les Abdâl, et la traduction de la Wasitiyyah : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=12653 |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#6 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
L’Unicité de l’Être (Wahdatu-l-Wujûd) :
« Point de divinité à part Lui. Tout doit périr, sauf Sa Face (wajh). » (28 : 88) Les exégètes ont dit que dans ce verset le terme « Face » (wajh) désigne Allâh ta`âla Lui-même. Wa-Llâhu a`lâm. Notre maître, l’Imâm de la Mosquée des Omeyyades de son temps, le nobles Sharîf (descendant du Prophète sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam) Shaykh Ibrâhîm al-Ya`qûbî (qu’Allâh lui fasse miséricorde), écrit dans son ouvrage Farâ-id al-Hisân (traduit sous le titre ‘La Doctrine de l’Unité dans le Sunnisme’) : L’Attribut Essentiel (as-Sifâtu-n-Nafsiyyatu) : L’Être (ndT : al-wujûd) est l’attribut essentiel (ou encore : personnel) de l’Essence Divine. Le décrire comme ‘étant’ revient à nous parler de (litt : à indiquer) l’Essence même d’Allâh sans aucune description supplémentaire. L’Être est la source de l’existence. La preuve de l’Être est l’existence même de ce monde car la création implique nécessairement un créateur et celui-ci n’est autre qu’Allâh (subhânahu wa ta`ala) Lui-même. Le contraire de cet attribut est le néant qui est impossible en ce qui concerne Allâh. Fin de citation. Dans la traduction le terme « être » a été utilisé au lieu du terme « exister » car celui-ci signifie « être à partir de », ce qui est impossible pour notre Seigneur (subhânahu wa ta`ala). Wa-Llâhu a`lâm. L’Être (al-wujûd) est un Attribut qu’Allâh (subhânahu wa ta`ala) ne partage complètement avec personne dans le sens complet et absolu de l’éternité et de l’indépendance totale. Ce n’est pas le cas des créatures dont l’existence est conditionnée par de nombreux facteurs. Elles n’existent donc pas au sens plein et entier du terme. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’unicité de l’existence. Allâh (subhânahu wa ta`ala) est le seul Etre de même qu’il est le seul Agissant, le seul Savant, le seul Voulant…etc. Les créatures ne le sont que d’une manière relative et non absolue. Notre maître, la Preuve de l’Islâm (al-Hujjâtu-l-Islâm), Abû Hâmid al-Ghazâlî (qu’Allâh l’agrée) a dit dans son noble ouvrage al-Ihyâ al-`Ulûmu-d-Dîn (La Revivification des Sciences de la Religion) : « Nous disons donc que le tawhîd (ndT : croyance en l’Unicité d’Allâh) est constitué de quatre degrés (marâtib) : Le noyau (al-lubb), le cœur du noyau (lubb al-lubb), l’écorce (al-qishr) et l’écorce de l’écorce. Pour en faciliter la compréhension, nous prendrons l’exemple de la noix de coco et de son écorce supérieure, puisqu’il se trouve que cette noix possède deux écorces, un noyau et une partie grasse à l’intérieur même du noyau que nous appelons le cœur du noyau (lubb al-lubb). Le premier degré du tawhîd est celui de l’homme qui professe « il n’y a point de divinité en dehors d’Allâh », alors que son cœur est plongé dans l’insouciance ou encore nie ce qu’il professe. Cette affirmation de l’Unicité divine correspond à celle des hypocrites (al-munâfiqîn). Au second degré, le cœur croit en ce que l’on a prononcé : il s’agit ici de la croyance de la plupart des musulmans et ce degré constitue le credo de la masse (i`tiqâd al `awwâm). Le troisième degré consiste à contempler (cette Unicité divine) au moyen du dévoilement intuitif (al-kashf) grâce à la lumière de l’Être-Vrai (al haqq), c’est la « Station des rapprochés » (maqâm al-muqarrabîn) ; (celui qui l’atteint) voit une multiplicité de choses, mais en dépit de cette multiplicité, il ne les voit que comme procédant de l’Unique, du Contraignant. Le quatrième degré consiste à ne voir qu’un Seul Être dans l’existence. Il s’agit de la contemplation de ceux qui n’accréditent que la Vérité (as-siddiqîn). Les Soufis nomment ce degré « l’extinction (al-fanâ) dans l’Unicité » car celui qui y parvient – du fait qu’il ne voit qu’un Être Unique – perd la perception et la conscience de sa propre personne car il est submergé par la perception de l’Unicité ; il est éteint à lui-même au moment même où il proclame l’Unicité, c'est-à-dire qu’il ne se voit pas, ni a fortiori les autres créatures. » Fin de citation. Les Soufis réalisent ce dernier degré par la méditation profonde de Lâ ilâha illa-L-lâh et adorent ainsi Allâh (subhânahu wa ta`ala) comme s’ils le voyaient comme l’affirme l’Imâm al-Ghazâlî (qu’Allâh l’agrée) un peu plus loin dans le même ouvrage : « La quatrième affirmation de l’Unicité est celle du contemplatif qui, au cours de sa contemplation ne voit apparaître que l’Unique. Il ne considère pas le tout sous le rapport de la multiplicité mais sous le rapport de son unicité ; ce degré constitue l’ultime étape du tawhîd. » Fin de citation. Cela n’a donc rien à voir avec les doctrines panthéistes que les détracteurs attribuent à tort aux Soufis. Le panthéisme consiste à croire que tout est Allâh et qu’Allâh est tout. Ce qui est une aberration autant du point de vue de la Révélation que de la raison. Par extension, on attribue aussi aux Soufis la croyance en l’incarnation (al-hulûl) ; qui est la présence d’une substance à l’intérieur d’un corps vide qui le reçoit, ainsi qu’en l’assimilation, la fusion (al-itthâd). Notre maître, l’Imâm Fakru-d-Dîn ar-Râzî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « La réponse est la suivante : la doctrine de l'ittihâd, l'union ou l'unification, est sans fondement. En effet, de trois choses l'une : - Les deux choses subsistent et, de ce fait, restent deux réalités distinctes ; - elles disparaissent toutes deux pour devenir une troisième chose différente ; - il ne reste que l'une des deux, l'autre cessant d'être. Mais, alors (dans chacun de ces trois cas) l'union reste impossible, car l'Existant ne peut être le même que le non-existant. » Dans une lettre qui lui est attribuée, l’Imâm al-Ghazâlî (qu’Allâh l’agrée) réfute ces doctrines qu’on attribue faussement aux Soufis authentiques : « Cependant, comme une certaine ivresse s’est emparée des élites de ce rang qui les rend sujettes à deux sortes d’aberrations : l’une consiste à imaginer qu’une union (ittisâl), qu’elles qualifient d’inhérence (hulûl), s’est produite et l’autre à croire qu’il s’est réalisé une assimilation (ittihâd) grâce à laquelle elles assimilent Allâh ; les premières jugeant cette assimilation impossible, considèrent néanmoins avoir abouti à une union, ce qui revient au même, car elles disent : « Je suis la Vérité, louange à Moi » ; revenues à elles-mêmes elles s’aperçoivent de cette aberration, car l’inhérence (hulûl) est un accident qui se traduit par la présence d’une substance ou d’une matière à l’intérieur d’un corps vide ; or aucune de ces deux formes ne saurait être appliquée à Allâh. De même l’union de deux choses, si elles sont créées, ne pouvant se présenter que sous un des trois aspects suivants, se révèle également irréalisable : soit les deux sont dotées d’une existence à part entière, soit les deux sont inexistantes, donc elles ne peuvent être unies, car elles n’existent ni l’une ni l’autre ; soit l’une est existante et l’autre inexistante, ce qui enlève toute idée d’union. » Fin de citation. Concernant les paroles extatiques de certains maîtres auxquels fait allusion l’Imâm telles que : ‘Je suis la Vérité, louange à Moi’ et d’autre propos similaires, elles ont été prononcées dans des états d’ivresse spirituelle. Les états particuliers, tels qu’une joie intense par exemple, peuvent excuser ces paroles comme le prouve le Hadîth authentique suivant : « La satisfaction qu’Allâh éprouve lorsque Son serviteur se repent est plus forte que la joie qu’éprouva l’un d’entre vous qui, traversant une terre désertique, vit sa monture lui échapper, emportant nourriture et boisson. Désespéré, il parvint à un arbre à l’ombre duquel il s’allongea. Il était tout à son désespoir lorsque sa monture se dressa devant lui. Il la saisit par la bride s’écriant : ‘Ô Allâh, Tu es mon serviteur et je suis Ton seigneur’ (Allâhumma Anta `abdî wa anâ rabbuk). Son excès de joie lui faisant commettre un lapsus. » (Rapporté par Muslim) Ce Hadîth figure dans Riyad as-Sâlihîn (le Jardin des Vertueux) de l’Imâm An-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) au chapitre du Repentir (Hadîth no 15) Sources et textes complémentaires : Le Tawhîd est un joyau précieux : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=13179 Explication des paroles de Hallaj par l’Imâm ar-Razî : http://aslama.com/forums/showpost.ph...1&postcount=21 |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#7 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
Il suffira comme réfutation de citer les noms suivants. Ils sont mentionnés par le Shaykh Nûh Keller dans sa traduction de l’ouvrage `Umdatu-s-Sâlik (les Provisions du Voyageur) : Shaykh Shamîl ad-Daghestanî, Shaykh dans la Tarîqah an-Naqshbandiyyah, il a lutté dans le Caucase contre les Russes au 19ième siècle. Sayyîd Muhammad `Abdu-Llâh as-Sumalî, Shaykh dans la Tarîqah as-Salihiyyah, il a dirigé les Musulmans dans la guerre qui les opposaient aux britanniques et aux italiens de 1899 à 1920. Shaykh `Uthmân dan Fodio, Shaykh dans la Tarîqah al-Qâdiriyyah, il a mené la lutte dans le sentier d’Allâh (Jihâd) contre les animistes au Nord du Nigéria pour établir un Etat Islamique de 1804 à 1808. Sa guerre a été couronnée de succès. Shaykh `Abd al-Qadîr al-Jaza`îrî, Shaykh dans la Tariqah al-Qâdiriyyah, il a dirigé les Algériens contre les français de 1832 à 1847. Al-Hâjj Muhammad al-Ahrash, disciple de la Tarîqah ad-Darqawiyyah, il a combattu les français en Egypte en 1799. Shaykh al-Hâjj `Umar Tall, Shaykh dans la Tarîqah at-Tijâniyyah, il a mené la lutte en Guinée, au Sénégal et au Mali de 1852 à 1864. Shaykh Ma`a-l-`Aynayn al-Qalqamî, Shaykh dans la Tarîqah al-Qadîriyyah, il a aidé dans la résistance contre les Français au nord de la Mauritanie et au sud du Maroc de 1905 à 1909. Nous pouvons aussi citer : `Abd al-Karîm al-Khattâbi de la Tarîqah al-`Alawiyyah qui a chassé les espagnols au Rif (nord du Maroc) dans les années 1920. Shaykh al-Hâjj `Abu-Llâh Niass et Mâ Bâ Diakhou Bâ de la Tarîqah at-Tijâniyyah qui ont lutté contre l’invasion des français avant la colonisation du Sénégal. Et tant d’autres que nous ne mentionnerons pas ici par souci de concision. Qu’Allâh les agrée et accepte leurs sacrifices pour notre Ummah. Allâhumma âmîn. |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#8 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
La représentation du Shaykh dans l'esprit du disciple.
Allâh (subhânahu wa ta`ala) a dit : « Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux (`aynaka) ne se détachent point d'eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. » (18 : 28) Ce verset est une preuve claire du bienfait qui réside dans la compagnie des gens pieux et dans le fait de les regarder. D’autres preuves se trouvent dans la noble Sunnah. On demanda au Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam) : « Qui sont les Awliyâ ? Il répondit : ‘Les Awliyâ sont ceux qui lorsqu’ils sont vus, Allâh est évoqué.’ » (Rapporté par Al-Bazzâr et les rapporteurs sont de confiance) « Certes, certaines personnes sont des clefs pour l’évocation d’Allâh : ils suscitent l’évocation d’Allâh dès qu’ils sont vus. » (Rapporté par at-Tabarânî. Hadîth valide, hasan) « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui suscitent en vous l’évocation d’Allâh quand vous les voyez, ceux dont le discours fait croître votre connaissance et dont les actions vous font désirer l’au-delà. » (Rapporté par al-Hâkim. Hadîth authentique.) « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui suscitent l’évocation d’Allâh lorsqu’ils sont vus et les pires d’entre vous sont ceux qui répendent la calomnie, qui divisent ceux qui s’aiment et qui cherchent à faire souffrir. » (Rapporté par al-Bayhaqî. Hadîth valide, hasan) On rapporte parmi les rares Traditions transmises par notre maître Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allâh l’agrée) la suivante : « Regarder `Alî est un acte d’adoration. » (Rapporté par Ibn `Asakîr) On a rapporté la même parole du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) d’après Ibn Mas`ûd (qu’Allâh l’agrée) : « Voir le visage de `Alî est un acte d’adoration. » (Rapporté par al-Hakîm. Hadîth authentique.) Notre maître Ibn `Atâ Allâh al-Iskandarî (qu’Allâh l’agrée) dans son Miftâh al-Falâh (la Clé de l’Illumination) dit à propos de l’évocation d’Allâh (dhikru-Llâh) : « Le rappel d’Allâh (dhikru-Llâh) est une libération de l’ignorance et de notre propension à l’oubli et ce à travers la présence, permanente, du cœur avec la Réalité. Il a été dit qu’il s’agit de la répétition du Nom de l’Invoqué par le cœur et par la langue. Que l’on se souvienne d’Allâh Lui-même, d’un de Ses Attributs, d’un de Ses commandements, d’une de Ses Actions ou que l’on tire une conclusion basée sur ceux-là, cela revient au même. Se souvenir d’Allâh peut prendre la forme d’une supplication envers Lui, ou la mention de Ses messagers, Ses prophètes, Ses saints ou toute personne proche renvoyant à Lui. Le souvenir peut être procuré par une bonne action, comme celle de réciter le Qur-ân, par la mention du Nom d’Allâh, par la poésie, le chant, une discussion ou bien une anecdote. » Fin de citation. Le souvenir des gens pieux est donc une chose recommandable et non condamnable aux yeux de la Loi (ash-Sharî`a) puisque cela fait partie intégrante de l’évocation (adh-dhikr). La pratique qui consiste à se représenter l’image du Shaykh est parfois nommée : la liaison (ar-Râbitah). Elle permet au disciple de rester concentré et de ne pas se dissiper dans les mauvaises pensées et les suggestions sataniques. Elle permet aussi d’augmenter l’amour et la nostalgie pour son maître, l’amour en Allâh ta`ala (al-hubbu fî-Llâh) étant une chose recommandée par de nombreux textes qu’ils seraient trop long de citer. Le Shaykh est considéré comme la porte vers le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam), c’est lui qui est la réalité la plus concrète de la Sunnah pour le disciple. A travers cet exercice, ce qui doit faire l’objet de concentration est à la fois l’image du Shaykh, mais aussi ses enseignements, ses paroles, ses actes de bien, ses vertus… etc. Ce que l’on recherche à travers cela c’est le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam). Certains savants recommandent d’ailleurs d’essayer de s’imaginer ses nobles traits lorsque l’on prie sur lui (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam). Le Shaykh Yusûf ibn Isma`îl an-Nabahanî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) rapporte dans son livre sur les mérites de l’invocation de grâce (Afda-îl as-Salawât `ala-n-Nabî), après avoir rapporté une modalité de prière sur le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa sallam) : « Cette formule d’invocation est rapportée par le grand savant Ibn Hâjar al Haytamî dans son livre Jawâhir al-Munazzam avant d’ajouter ceci : J’ai recueilli les éléments de cette formule d’invocation à partir de toutes les formules rapportées et j’ai même puisé dans des formules que leurs auteurs considèrent comme les meilleures d’entre toutes. Et j’ai indiqué dans mon livre comment cette formule résume toutes les autres et les surpasse même. Aussi il convient pour toi de la répéter abondamment en te représentant l’auguste face du Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa sallam), car tu auras ainsi accompli l’invocation parfaite qui convient dans le tashshahud et en d’autres circonstances. » On peut lire, à propos de la râbitah, dans l’ouvrage Al-Fuyûdât ar-Rabbâniyyah, une compilation d’enseignements et d’invocations de notre maître, le noble Pôle Sayyidî `Abd al-Qadîr al-Jîlânî (qu’Allâh sanctifie son secret), par le savant Shaykh Isma`îl Muhammad Sa`îd al-Qâdirî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) : « Note importante : A propos d’ar-râbita (la liaison avec le Shaykh) et la nature de ce lien : La pratique connue sous le nom de râbita (liaison avec le Shaykh) est supérieure à la pratique du dhikr. Elle implique la représentation dans son esprit de l’apparence du Shaykh. Pour le disciple (murîd), [cette pratique] est plus bénéfique et appropriée que celle du dhikr car le Shaykh et le moyen (wasita) par lequel le disciple entre en ‘contact’ (wusûl) avec le Seigneur de la Vérité (qu’Il soit exalté et glorifié). Plus le lien le connectant au Shaykh augmente, plus les émanations (fuyûdât) de son être intérieur (bâtin) augmenteront, et il parviendra bientôt au but tant désiré. Il est nécessaire, avant tout, pour le disciple de s’anéantir (yufnâ) en son Shaykh. Il atteindra alors l’annihilation (fanâ) en Allâh (qu’Il soit exalté). Et Allâh sait certes mieux (wa-l-lâhu a`lâm). » Fin de citation. L’annihilation en Allâh c’est, selon les dires de notre maître al-Qushayrî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dans sa Risâlah, l’extinction des mauvais caractères. Wa-Llâhu a`lâm. Concernant l’utilisation de la photographie à cet effet, c’est le fruit d’une initiative personnelle de certains disciples. On leur demande plutôt de faire un effort spirituel et mental et non de s’attacher à des choses matérielles. L’important, comme on l’a mentionné plus haut, ce n’est pas l’apparence du Shaykh en elle-même mais ce qu’il représente. Une pratique de liaison comparable est recommandée pour augmenter l’amour entre les frères en religion par l’érudit Hasan al-Banna (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dans son ouvrage al-Ma`thûrât, répertoriant les pratiques dévotionnelles quotidiennes qu’il recommande aux musulmans en général et à ses disciples en particulier : « Wird ar-râbitah L’objectif de ce wird est de consolider les liens (signification d’ar-râbitah) de fraternité entre les croyants. On lit ce wird chaque soir lors du coucher du soleil. » Fin de citation. Il recommande ensuite la récitation de quelques versets et invocations, puis il ajoute les informations suivantes sur le déroulement du wird. Nous reproduisons ici l’invocation intégrale afin d’en bénéficier : « Ensuite, tout en se représentant les visages de ceux qu’il connaît parmi les frères en Allâh et le lien spirituel qui le lie à ceux qu’il ne connaît pas, il prononce l’invocation suivante : Ô Allâh ! Certes, tu sais que ces cœurs sont réunis pour Ton amour, se sont rencontrés pour T’obéir, se sont unis autour de Ton appel et se sont engagés à soutenir Ta religion. Consolide, ô Allâh, leur alliance ! Fais durer leur affection les uns envers les autres et guide-les dans le droit chemin ! Emplis-les de Ta lumière qui ne s’éteint jamais ! Apaise-les en leur accordant une foi débordante en Toi et un abandon parfait à Ta volonté ! Fais que leur vie soit dominée par Ta connaissance, et qu’ils meurent en martyrs pour Ta cause ; Tu es le meilleur Maître et le meilleur Protecteur ! Âmîn ! Ô Allâh ! Prie et salue notre maître Muhammad, ainsi que sa famille et ses compagnons. » Fin de citation. Par la dignité de notre maître Muhammad, qu’Allâh consolide nos liens. Allâhumma âmîn. Sources et textes complémentaires : Discussion autour de la râbitah : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=16253 Les Héritiers des Prophètes : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=15761 Le Shaykh Authentique : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=13905 |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#9 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
Soufisme et Science de l'invisible (`Ilm al-Ghayb).
« [C'est Lui] qui connaît le mystère. Il ne dévoile Son mystère à personne, sauf à celui qu'Il agrée comme Messager et qu'Il fait précéder et suivre de gardiens vigilants » (72 : 26-27) Ce noble verset s’applique aux Messagers, aux Prophètes et aux Saints comme le prouvent les versets suivants : « Ils trouvèrent l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous. » (18 : 65) « (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : "Ô Marie, certes Allah t'a élue au-dessus des femmes des mondes… » (3 : 42) « Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: "Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n'aie pas peur et ne t'attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager." » (28 : 7) Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit : « Méfiez-vous de la clairvoyance (firâsah) du croyant, car il voit par la lumière d’Allâh. » (Rapporté par at-Tirmidhî) « Il y a parmi les nations qui vous ont précédées des Muhaddathûn (ceux à qui on parle) et s’il y en a un dans ma communauté c’est`Umar. » (Rapporté par al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd, at-Tirmidhî et Ahmad) Concernant ce texte, notre maître l’Imâm an-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) explique dans son Sharh Muslim (Commentaire de Muslim) : « Les savants ont divergé sur [l’expression] ‘à qui on parle’. Ibn Wahb a dit que cela signifie ‘inspirés’ (mulhamûn). On a aussi dit : ‘ceux qui sont sur la vérité, et lorsqu’ils donnent une opinion, c’est comme si on leur avait parlé et ensuite ils ont donné leur avis.’ On a aussi dit ‘les anges leur parlent’. Al-Bukhârî a dit : ‘la vérité sort de leur bouche.’ Il y a dans ce Hadîth une confirmation des prodiges des Saints (karamâtu-l-Awliyâ). » Fin de citation. Notre maître as-Suyutî dans son Târîkh al-Khulafâ (L’Histoire du Califat) rapporte : « Ibn `Umar a dit : `Umar envoya une armée et mis à leur tête un homme appelé Sâriyah. Tandis que `Umar donnait le sermon (khutbah), cria : ‘Sâriyah la montagne !’ par trois fois. Plus tard, le messager de l’armée vint et dit à `Umar : Ô Commandeur des croyants (`Amîr al-Mu-minîn) ! Nous étions sur le point de perdre et nous entendîmes dans cette situation une voix nous crier : ‘Sâriyah la montagne !’ par trois fois. Nous avons contourné la montagne et Allâh nous a accordé la victoire. Quelqu’un dit à `Umar : ‘Tu as crié ces paroles.’ Cette montagne, où était Sâriyah, se trouvait à Nahawand, en pays non-Arabe (Irak Perse.) » Fin de citation. Ceci est un exemple de ce que les Soufis appellent le dévoilement (al-kashf) qui est une grâce par laquelle Allâh ta`ala fait savoir au croyant des choses qu’il ignore. D’autre part, le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit : « Le rêve pieux (ru`ya) est un quarante-sixième de Les savants sont d’accord pour dire que les rêves pieux ne sont en rien une preuve juridique, mais ils permettent cependant de recevoir des bonnes nouvelles ou des informations par exemple. Wa-Llâhu a`lâm. Al-Imâm, al Hujjâtu-l-Islâm ( « Dès le début de la voie, se succèdent les dévoilements (mukâshafât) et les visions (mushâhadât) au point qu'en état de veille, les Soufis voient les Anges et les Esprits des Prophètes; ils entendent leurs voix et tirent profit de leur présence. » Fin de citation. Notre maître, Muhammad ibn `Alî at-Tirmidhî, dit le Sage, al-Hakîm (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dit dans sa réplique à ceux qui nient les états des Saints (qu’Allâh les agrée) extrait son Khatm al-Awliyâ (Le Sceau des Saints) : « Au sujet de Sa parole : Seul Allâh connaît le Mystère (Non-Manifesté, Ghayb) des cieux et de la terre (27, 65), la science du Mystère non manifesté se trouve auprès d’Allâh, mais nombre de ces mystères ont été révélés à Son Envoyé (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam). Quel argument peut contenir ce verset ? Ils ne s’en servent qu’afin d’obtenir notoriété parmi les ignorants. Nombre de mystères de cet ordre ont été révélés aux inspirés et aux Gens de la firâsah (ndT : clairvoyance) au point qu’ils s’exprimèrent à ce sujet, c’est pourquoi Abû Dardâ (qu’Allâh l’agrée) a dit : ‘Prends garde à la science du croyant qui permet de voir les choses par introspection, car par Allâh, c’est une réalité qu’Il a établi dans leur cœur et leur regard.’ C’est aussi dans ce sens que Salmân dit à al-Hârith, compagnon de Mu`âdh (qu’Allâh les agrée) : ‘Mon esprit a connu ton esprit.’ `Uways al-Qaranî a dit aussi : ‘Sur toi la paix ô Harima ibn Hayyân. Celui-ci lui demanda : Comment sais-tu que je suis Harima ibn Hayyân ? Par le fait que mon esprit a connu ton esprit.’ Ceci est une prérogative de l’esprit qui n’a cependant rien reçu de la part du cœur, ni accédé à ce niveau élevé, qu’en serait-il donc d’un cœur tel que nous l’avons décrit ? Ce que dit `Uways provient du Mystère du Non-Manifesté, comment n’en aurait-il pas la science ? Cela ne lui a-t-il pas été révélé ? Et la parole de `Umar (qu’Allâh l’agrée) à al-Ashtar : ‘Je vois un grand malheur pour les musulmans en lui’, et son autre parole : ‘Sâriyah la montagne !’ alors qu’il était en chaire. Les exemples de ce genre sont trop nombreux pour tous les citer, comme ce qu’a dit Abû Bakr à `Aishâ (qu’Allâh les agrée) : ‘J’ai désiré t’offrir en cadeau la bâtisse (al-jidâr) se situant à al-`Alyah, mais tu ne peux la posséder de droit actuellement car c’est un bien qui fait partie de l’héritage qu’il te faudra partager avec ton frère et tes sœurs. `Aïsha lui répondit : Mais père, je n’ai qu’une sœur. A quoi Abû Bakr rétorqua : J’ai été inspiré du fait que la fille de Hâritha portait une fille en son sein.’ `Aïsha rapporta plus tard qu’effectivement, la fille de Hâritha mit au monde une fille. Abû Bakr s’est appuyé dans son jugement sur l’inspiration qu’il a reçue en disant : ‘Ce sont tes sœurs.’, et il affirma que son épouse portait bien un enfant de sexe féminin. Ceci n’est-il pas un mystère non manifesté dont il a été informé par le mode de l’entretien ou par celui de l’inspiration ? Il est dit à ce prétentieux : le Non-Manifesté (bien qu’unique) regroupe de multiples aspects, sais-tu donc de quel aspect il est parlé dans la parole d’Allâh : Dis, seul Allâh connaît le Mystère non manifesté (ghayb) des cieux et de la terre, Il dit encore : Connaissant du Non-Manifesté, Il ne le révèle à personne hormis à celui qu’Il agrée comme Envoyé (72 : 26-27). Nous trouvons des Prophètes (sur eux la paix) qui n’ont pas accédé à la fonction d’Envoyé et pourtant Allâh leur a communiqué des mystères du Non-Manifesté par le biais de la Révélation. Il y a donc des mystères qu’Il conserve sans les révéler, telle la connaissance de l’Heure, et d’autres mystères qu’Il révèle aux Gens de l’entretien, et aux Saints, peux-tu distinguer la particularité des ces différents types de mystères ? Ne constates-tu pas ta déficience intellectuelle et ton mutisme ? Tu as entendu ce mot (ghayb) Mystère prononcé, alors tu répètes des versets du Qur-ân exposant cela. Que tu es donc mesquin pour circonvenir au respect dû aux Saints. Tu es un homme qui adore son âme, qui ne peut se libérer de la brume de ses passions qui finissent par se retourner contre toi. Tu es sous l’emprise de l’âme et de la suggestion satanique. Prends garde, n’entre pas dans les demeures des Saints et ne te sers pas de leurs paroles, car tu ne possèdes rien de leur science. » Fin de citation. Précisons enfin que toutes ces connaissances sont des dons d’Allâh ta`ala obtenus par le suivi scrupuleux de la Sunnah du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam). Aucun bien spirituel ne se trouve en dehors de son noble enseignement. Qu’Allâh nous compte parmi les partisans des Saints sans jamais nous y opposer. Allâhumma âmîn. Note importante : Ibn Taymiyyah, pourtant connu pour son hostilité à certains propos des Soufis, affirme dans son Majmû` al-Fatâwâ : « Allah Tout-puissant dévoilera à ses saints des états qui n'ont jamais été dévoilés auparavant et Il leur donnera l'appui sans mesure. Si ce saint commence à parler des choses de l'invisible, passé ou présent ou futur, cela est considéré comme la connaissance miraculeuse. Tout ce qu'un saint fait qui est de l'invisible, pour les gens ou pour des auditeurs, de guérison ou de connaissance d'enseignement, c'est accepté et nous devons remercier Allah pour cela. » Fin de citation. Source et compléments : Article sur le dévoilement (en anglais) : http://www.sunnah.org/publication/en...tml/unseen.htm Article sur la connaissance de l’invisible : http://www.tidjaniya.com/faq_connaitre_ghayb.php Article sur la clairvoyance : http://www.tidjaniya.com/faq-voir_avec_lumiere.php Ibn Taymiyyah à propos des Saints et de la Sainteté : http://aslama.com/forums/showthread.php?t=7261 |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#10 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
La création du monde pour le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa sallam) :
« Je n’ai créé les jinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent. » (51 : 56) Ce verset ne contredit en rien le fait qu’Allâh ait créé le monde pour le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) mais le confirme plutôt. Car aucun Jinn, ni aucun Homme ne peut adorer son Créateur sans aimer et croire en notre maître Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) qui n’a été envoyé qu’en tant que miséricorde pour les mondes. Ceci est aussi valable pour les générations précédant l’avènement de notre maître Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) comme le prouvent les propos de notre maître al-Qâdî `Iyâd (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dans Kitâb ash-Shifâ : « Allâh a dit, en recevant le pacte des prophètes : quoi que Je vous donne du Livre et de Abû-l-Hasan al-Qabissî a dit à ce propos : Allâh (qu’Il soit exalté) a réservé à Muhammad (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) une faveur qu’Il n’a accordée à aucun autre, comme il est indiqué dans ce verset. En effet, selon l’exégèse traditionnelle, Allâh a imposé les termes du pacte par révélation et Il n’a pas envoyé un seul prophète, depuis Âdam, sans lui mentionner Muhammad (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam), sans le décrire pour lui et sans lui faire prendre l’engagement de croire en lui s’il vivait à son époque et le soutenir. On a dit aussi que ce pacte consiste, pour chaque prophète, à donner sa description aux gens de leur peuple et à les engager à indiquer celle-ci aux générations suivantes. Tout cela a été retenu par `Alî ibn Abî Tâlib. » Fin de citation. Concernant les propos tels que « Allâh a créé le monde pour notre maître Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) », on rapporte du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) d’après notre maître `Umar ibn al-Khattâb (qu’Allâh l’agrée) : « Après avoir commis le péché, Âdam s’adressa à Allâh en ces termes : - Ô Seigneur ! En l’honneur de Muhammad, pardonne-moi ! (Yâ Rabbi as-aluka bi-haqqi Muhammadin limâ ghafartu lî) - Ô Âdam, comment connais-tu Muhammad alors que je ne l’ai pas encore créé ? - Ô Seigneur ! Lorsque Tu me créas de Ta Main, et que Tu insufflas en moi de Ton Esprit, je relevai la tête et vis inscrit sur le haut du Trône : Point de divinité si ce n’est Allâh et Muhammad est l’Envoyé d’Allâh J’ai compris alors que tu ne pouvais lier à Ton Nom que celui de la créature que Tu aimes le plus. - Tu as dit vrai, ô Âdam ! C’est la créature que J’aime le plus. Implore-moi donc par son honneur car Je t’ai pardonné : n’était Muhammad, Je ne t’aurais pas créé ! » (Rapporté par al-Hâkim qui l’a déclaré authentique.) On rapporte de même du Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) d’après notre maître `Abdu-Llâh ibn `Abbâs (qu’Allâh agrée le père et le fils.) « Allâh s’adressa ainsi à `Îsâ : Ô `Îsâ ! Crois en la mission de Muhammad et ordonne à ceux de ta communauté qui le connaîtront d’y croire. En effet, n’était Muhammad, Je n’aurais pas créé Âdam ; n’était Muhammad, Je n’aurais créé ni le Paradis ni l’Enfer. J’ai créé le Trône sur l’eau et il fut pris de secousses : J’y ai inscrit ‘Point de divinité si ce n’est Allâh et Muhammad est l’Envoyé d’Allâh’ ; et il se stabilisa. » (Rapporté par al-Hâkim qui l’a déclaré authentique.) Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) est notre intermédiaire auprès d’Allâh ta`âla, sa prophétie fût créée avant même notre maître Âdam (paix sur lui) comme en témoigne ce Hadîth : « J’ai demandé à l’Envoyé d’Allâh (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) : Quand devins-tu prophète ? [Il répondit : ] J’étais prophète alors qu’Âdam était entre l’esprit et le corps. » (Cité par al-Hâkim qui l’a déclaré authentique.) Les Prophètes sont nos guides vers Allâh subhânahu wa ta`ala, et personne ne peut L’adorer sans les suivre. La parole « n’était Muhammad Allâh n’aurait pas créé le monde. » ne contredit en rien les principes fondamentaux de l’Islam comme le dit notre maître, l’actuel Muftî d’Egypte, Shaykh `Alî Jum`a dans son ouvrage al-Bayân limâ yashghal al-adhân : « La signification de la sentence ‘n’était Muhammad Allâh n’aurait pas créé le monde’ ne s’oppose en rien aux fondements de la croyance (usûl al-`aqîdah) en Islam, ni aux bases de l’affirmation de l’Unicité (tawhîd). Au contraire, cette sentence les confirme si l’on en comprend réellement le sens. » Fin de citation. Ces paroles ne font que confirmer l’interprétation donnée par notre maître Ibn `Abbâs (qu’Allâh agrée le père et le fils) au verset : « Je n’ai créé les jinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent. » (51 : 56). Il a dit : « c’est à dire ‘Pour qu’ils Me connaissent.’ » et nul ne connait Allâh sans passer par son Bien-Aimé (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam). Wa-Llâhu a`lâm. Note Importante : Bien qu’Ibn Taymiyyah (qu’Allâh lui pardonne) rejette l’authenticité du récit cité plus haut mentionnant notre père Âdam (paix sur lui), il confirme dans le volume 11 de son Majmu`al-Fatâwâ, consacré au Soufisme, que l’on peut dire que le monde a été créé pour le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) : « Muhammad est le Maître (Sayyîd) des Fils d’Âdam, le Meilleur de la Création, la plus noble d’entre [les créatures] au regard d’Allâh. Pour cette raison, certains ont dit ‘Allâh a créé l’Univers pour lui’ où ‘n’était lui, Il n’aurait créé ni le Trône, ni le Piédestal, ni le ciel, ni la terre, le soleil, ni la lune.’ bien que ce ne soit pas un Hadîth qui remonte au Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam) (…) Mais cela peut être expliqué d’une façon correcte (…) Etant donné que le plus vertueux des fils d’Âdam est Muhammad, le créer était, plus que tout autre, un but désiré et un acte d’une sagesse très profonde et ainsi, la plénitude de la création et l’atteinte de la perfection furent accomplies Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) (…) Le Maître des Fils d’Âdam est Muhammad (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam), Âdam et ses enfants seront sous sa bannière. Il (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a dit : ‘Certes, j’étais écrit en tant que Sceau des Prophètes auprès d’Allâh, quand Âdam était encore à l’état d’argile.’ ce qui signifie ‘ma Prophétie fût décrétée et manifestée quand Âdam était créé mais avant qu’on n’insuffle l’Esprit en lui, tout comme Allâh décrète la subsistance, la longévité, les actions, et l’heureuse ou la mauvaise issue de son serviteur lorsqu’Il est créé à l’état d’embryon avant d’y insuffler l’Esprit.’ Puisque l’homme est le sceau de toute la création, et son microcosme, et étant donné que le meilleur des hommes est ainsi la meilleure création dans l’absolue, donc Muhammad, étant la Prunelle de l’Oeil, l’Axe du Moulin, le Distributeur, est tel l’Objectif Ultime de tous les objectifs de la création. On ne peut donc pas nier les paroles comme « par sa cause tout a été créé. » ou « n’était lui, cela n’aurait pas été créé » ; si ces paroles sont expliquées en accord avec ce que nous indiquent le Livre et la Sunnah, elles sont acceptables. » Fin de citation. Sources et compléments : Les Enseignements Spirituels du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) (Vol II) : http://www.iqrashop.com/Les_Enseigne...ite-7285-.html Article en anglais : http://www.sunnah.org/publication/en...l/tawassul.htm |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#11 | |||||||||||||||||||
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
Les évocations (adhkâr) et les litanies (awrâd)
La question des invocations récitées au sein des Voies Spirituelles nécessite un développement. La permission d’inventer de nouvelles formulations d’après la noble Sunnah : Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) nous a transmis le Religion et n’a rien omis de ce qui pouvait nous rapprocher d’Allâh ta`ala ou nous écarter de Lui. Le rappel (adh-dhikr) et l’invocation (ad-du`a) ont été institués comme moyens pour le croyant de s’élever. Aucune restriction n’a été rapportée concernant les formulations. Le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) a approuvé le fait d’inventer des invocations comme le prouvent les textes suivants. L’Imâm, notre maître, Sharâf-ad-Dîn an-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) rapporte dans Kitâb al-Adhkâr (Le Livre des Invocations) : « Nous extrayons des « Sunans » d’Abû Dawûd et d’après une chaîne de transmetteurs fiables, ces propos du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam) transmis par Abû Sâlih Dhakwân, qui les tenait de certains Compagnons du Prophète – qu’Allâh les agrée - : « Le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa sallam) demanda à un homme :Que récites-tu dans ta prière ? Celui-ci répondit : Je lis le tashshahud, puis j’ajoute ceci : Seigneur, je Te demande le Paradis et je Te demande de me préserver de l’Enfer (Allâhumma innî as-aluka-l-jannah wa a`ûdhu bika mina-n-nâr). En dehors de cela, je ne sais inventer de paroles intelligibles [c’est-à-dire inventer des paroles dont le sens échappe au commun des mortels comme moi] semblables aux tiennes ou à celles de Mu`âdh. Le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) lui dit alors : Mais invente donc des paroles sur ce thème [le Paradis et l’Enfer] ! » Plus loin dans le même ouvrage il cite les traditions suivantes : « Nous rapportons des « Sunans » d’Abû Dâwûd, de Tirmidhî, de Nasâ-î et d’ibn Mâjah, ces propos de Burayda – qu’Allâh soit satisfait de lui - : « L’Envoyé d’Allâh (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) entendit un homme invoquer Allâh [en ces termes] : Ô Allâh, je te demande en vertu de mon témoignage que Tu es Allâh et qu’il n’y a d’autre dieu que Toi, l’Unique qui se suffit à Lui-même, qui n’a pas engendré et n’a pas été engendré et qui n’a aucun égal. (Allâhumma innî as-aluka bi-annî ash-hadu annaka Anta-L-lâhu lâ ilâha illa Anta-l-Ahadu-s-Samâdu-l-ladhî lâm yalid wa lâm yûlad wa lâm yakun-lâhu kufuwan Ahad.) Le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) lui dit alors :Tu as imploré Allâh – exalté soit-Il – en invoquant le Nom par lequel Il donne à qui Lui demande et exauce qui L’invoque.» Dans une autre version on trouve ceci : «Tu as invoqué Allâh – exalté soit-Il – en usant de Son Nom Suprême.» Tirmidhî tient ce Hadîth pour fiable. Nous rapportons des « Sunans » d’Abû Dâwûd et de Nasâ-î : Anas – qu’Allâh soit satisfait de lui – était assis aux côtés du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) tandis qu’un homme faisait sa prière ; [après l’avoir terminée], il fit cette invocation : Ô Allâh, je Te demande en vertu de la louange qui T’appartient ; il n’est de dieu que Toi, le Bienfaiteur, Créateur des cieux et de la terre, Celui qui est emprunt de Majesté et de Générosité, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même ! (Allâhumma innî as-aluka bi-anna laka-l-hamdu lâ ilâha illa Anta-l-Mannânu Badî`u-s-samawâti wa-l-ardi yâ Dhâ-l-jalâli wa-l-ikrâmi yâ Hayyu yâ Qayyûm) En l’entendant, le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) dit :Il vient d’invoquer Allâh – exalté soit-Il – par Son Nom Sublime (`adhîm), celui par lequel Il exauce (les invocations) et accède [à la requête] de celui qui Lui adresse une demande. » Fin de citation. Ces textes suffisent comme preuve qu’il est permis d’inventer des invocations et que cette pratique a été encouragée par notre noble Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) et mise en œuvre par les Compagnons (qu’Allâh les agrée). Les nombreux textes qui invitent à l’évocation (dhikr) et à l’invocation (du`a) ont une portée générale qui n’interdit pas les nouvelles formulations. |
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
#12 |
|
banni
![]() Date d'inscription: April 2005
Messages: 4 711
|
Les nouvelles formulations de prière sur le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallam) :
La formulation de la prière sur le Prophète (sallâ-Llâhu alayhi wa sallam), qui compte parmi les formules d’évocations (adhkâr), n’échappe pas à cette règle. Nous avons des exemples de ces prières qui ont été formulées par des Sahaba, des Pieux Devanciers (As-Salâf), des Saints et des Savants de la communauté (qu’Allâh les agrée). Notre maître, le Qadî `Iyâd al-Mâlikî (qu’Allâh l’agrée et le récompense abondamment) a rapporté les narrations suivantes dans son chef d’œuvre Kitâb al Shifâ : « On rapporte également que `Alî (ndT : karram Allâhu wajhahu) disait en matière d’invocation sur le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) : ‘Certes Allâh et Ses anges bénissent le Prophète. Ô vous qui croyez ! Invoquez sur lui la grâce et la paix ! Me voici ô Allâh ! Mon Seigneur ! Le bien est dans Tes Mains. Que les grâces du Dieu Bon et Miséricordieux ainsi que celles des Anges Rapprochés, des Prophètes, des Véridiques, des Martyrs, des Vertueux et de tout ce qui Te glorifie, ô Seigneur des mondes, soient sur Muhammad ibn `Abdullâh, le Sceau des Prophètes, le Maître des Messagers, le Chef de file des Pieux, l’Envoyé du Seigneur des mondes, le Témoin, l’Annonciateur de la bonne nouvelle, celui qui appelle à Toi avec Ta permission et le brillant Luminaire, que le paix soit sur lui !’ De même `Abdullâh ibn Mas`ûd (qu’Allâh l’agrée) rapporte cette forme d’invocation de grâce : ‘Ô Allâh ! Accorde Ta grâce, Tes bénédictions et Ta Miséricorde au Maître des Messagers, au Chef de file des Pieux, au Sceau des Prophètes, Muhammad, Ton Serviteur et Ton Messager, l’Imâm du bien et le Messager de Al-Hasan al Basrî disait : Que celui qui veut boire avec la coupe parfaite du Bassin de l’Elu (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) dise ceci : ‘Ô Allâh ! Accorde la grâce à Muhammad, à sa famille, à ses Compagnons, à ses enfants, à ses épouses, à ses descendants, aux gens de sa maison, à ses alliés, à ses partisans, à ses auxiliaires, à ses disciples, à ses adeptes, à sa Communauté ainsi qu’à nous ! Ô Le Plus Miséricordieux des Miséricordieux !’ Tâwûs rapporte de son côté qu’Ibn `Abbâs (qu’Allâh l’agrée) disait : ‘Ô Allâh ! Agrée l’intercession grandiose de Muhammad ! Elève son degré sublime et comble sa demande dans la vie future et dans le bas monde comme Tu as comblé Ibrâhîm et Mûsâ !’ On rapporte également que Wuhayb Ibn al-Ward disait dans son invocation : ‘Ô Allâh ! Accorde à Muhammad le meilleur de ce qu’il T’a demandé pour lui-même ! Accorde à Muhammad le meilleur qu’une créature a pu te demander ! Accorde à Muhammad le meilleur de ce qu’on Te demandera jusqu’au Jour de Du reste, on a rapporté beaucoup de Traditions sur l’allongement de l’invocation de grâce et la multiplication de l’éloge en faveur des gens de la maison prophétique et des Compagnons… etc. » Fin de citation du Kitâb al Shifâ. Sayyîdunâ `Alî, `Abdullâh Ibn `Abbâs et `Abdullâh Ibn Mas`ûd étaient des Compagnons tandis qu’al Hasan al-Basrî, Tâwûs (Ibn Kaylan) et Wuhayb Ibn al-Ward étaient des Suivants (Tabi`în). Qu’Allâh les agrée tous et les récompense abondamment. Âmîn. Les savants ont depuis toujours rivalisé dans la composition de prières sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) ceci par amour ardent pour lui et conformément à « La deuxième partie est constituée de soixante-dix formules de prière sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) et la soixante-dixième prière est celle du Shaykh, `Abd al-Qadîr al-Jilânî, le Sultan des Saints, et à elle seule, elle comporte soixante-dix formules différentes, elle est rapportée d’après `Abd al-Ghanî an-Nabulusî. » Fin de citation. Dans ce même livre, le Shaykh nous fait part des discussions entre les savants portant sur la formule la plus méritoire. Après avoir mentionné la prière intitulée As-Salât al-Ibrâhîmiyyah, Shaykh an-Nabahânî dit : « Pour sa part le grand imam Qastallanî souligne dans ses Mawâhîb que les savants ont déduit de l’initiation des compagnons par le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) lorsqu’ils l’interrogeaient qu’il s’agit de la meilleure formule d’invocation de grâce sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) parce qu’il ne choisit pour lui que ce qui est meilleur et sublime. Par conséquent, si un fidèle fait le serment de faire la meilleure formule d’invocation de grâce sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam), la voie de bien consiste à faire l’invocation sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) d’après cette formule, c’est ce qu’indique an-Nawawî dans sa Rawda après avoir évoqué l’opinion d’Ibrâhîm al-Marûzî qui a dit que l’homme qui ferait un tel serment l’honorerait s’il dit : ‘Ô Allâh ! Accorde la grâce à notre maître Muhammad et à la famille de notre maître Muhammad autant qu’il est évoqué par ceux qui le mentionnent et autant que son évocation a été omise par les insouciants (Allâhumma salli `ala sayyidina Muhammadin wa `ala âli sayyidina Muhammad kullama dhakraha-dh-dhâkirûn wa ghafala-an dhikrihi-l-ghâfilûn)’ An-Nawawî ajoute qu’il semble que ce rapporteur se soit inspiré d’Ash-Shâfi`î qui mentionne cette modalité dans le prologue de sa Risâlah avec une petite variante de vocabulaire qui ne change rien au sens. Pour sa part, al Qadi Husayn indique que la voie de bien consiste à dire : ‘Ô Allâh ! Accorde la grâce à Muhammad comme il le mérite et sied à son rang’. C’est ce que rapporte également al-Baghawî. Du reste si le fidèle use de la formule habituelle attestée dans le Hadîth en y ajoutant les indications d’Ash-Shâfi`î et d’al-Qadî Husayn c’est une bonne chose. De même on a dit que s’il sélectionne une formule d’invocation à partir des différentes versions sûres, ce serait également une bonne chose. De son côté, al-Barizî souligne qu’à son avis la voie de bien se réalise en disant : ‘Ô Allâh ! Accorde Ta meilleure grâce à Muhammad et à la famille de Muhammad autant que Tu as de connaissances !’ (Allâhumma salli `ala Muhammadin wa `ala âli Muhammad `adada `ilmik) car selon lui cela est meilleur et plus performant. De même on a rapporté que l’homme qui jure de faire la meilleure invocation de grâce (divine) en faveur du Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa sallam) honorerait son serment s’il dit : ‘Ô Allâh ! Accorde Ta grâce à notre maître Muhammad, à tous les Prophètes, à tout Ange et à tout Saint autant de fois que le nombre des prières de Shaf` et du Witr accomplies par les hommes et autant de fois que le nombre des Paroles parfaites et bénies de notre Seigneur !’ On a rapporté également cette autre formule : Ô Allâh ! Accorde la grâce à Muhammad, Ton Serviteur, Ton Prophète et Ton Messager, le Prophète illettré et sa famille, ses épouses et sa descendance, et accorde leur la paix autant de fois que le nombre de Tes créatures, que Tu es satisfait, autant de fois que le poids de Ton Trône et que l’encre nécessaire pour transcrire Tes Paroles. (Allâhumma salli `ala Muhammadin `adbika wa nabiyyika wa rasûlika an-nabiyyi-l-ummî wa `ala âlihi wa azjwâjihi wa dhuriyyatihi wa sallim `adada khalqika wa ridâ nafsika wa zinâta `arshika wa midâda kalimâtik) D’autres auteurs ont préféré la formule suivante : Ô Allâh ! Ô Seigneur de Muhammad et de la famille de Muhammad ! Accorde la grâce à Muhammad et à la famille de Muhammad ! Récompense Muhammad (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) comme il le mérite ! Al-Majd souligne que dans cette affaire il y a beaucoup de latitude et qu’elle n’implique pas des termes déterminés dans des moments déterminés. Mais ce qui est plus parfait c’est ce que nous avons appris du Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) comme cela a été indiqué plus haut. » Plus loin dans l’ouvrage le Shaykh rapporte cette formulation dont l’auteur est l’Imâm Ibn Hajâr al-Haytamî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) : « Ô Allâh! Accorde la grâce à Muhammad, Ton Serviteur et Ton Messager, le Prophète illettré et à la famille de Muhammad, à ses épouses, les mères des croyants, à sa descendance, et aux gens de sa maison comme Tu as accordé Ta grâce à Ibrâhîm et à la famille d’Ibrâhîm dans les mondes. Tu es le Digne de Louange, le Glorieux ! Bénis Muhammad, Ton Serviteur et Ton Messager, le Prophète illettré et la famille de Muhammad, ses épouses, les mères des croyants, sa descendance, et les gens de sa maison comme Tu as béni Ibrâhîm et la famille d’Ibrâhîm dans les mondes. Tu es le Digne de Louange, le Glorieux ! Comme il sied à la grandeur de sa noblesse et de sa perfection, à Ton agrément à son sujet et à ce que Tu aimes et agrées pour lui durablement et perpétuellement, autant de fois que le monde de Tes connaissances, l’encre nécessaire pour transcrire Tes paroles, autant de fois que Tu es satisfait et autant de fois que le poids de Ton Trône. Accorde lui la meilleure grâce, la plus complète et la plus parfaite chaque fois que Ton Nom et le sien sont mentionnés par les invocateurs et qu’ils sont omis par les insouciants, accorde lui et à sa famille ainsi qu’à nous la paix en abondance ! Cette formule d’invocation est rapportée par le grand savant Ibn Hajâr al-Haytamî dans son livre Jawâhir al-Munazzam avant d’ajouter ceci : J’ai recueilli les éléments de cette formule d’invocation à partir de toutes les formules rapportées et j’ai même puisé dans des formules que leurs auteurs considèrent comme les meilleures d’entre toutes. Et j’ai indiqué dans mon livre comment cette formule résume toutes les autres et les surpasse même. Aussi il convient pour toi de la répéter abondamment en te représentant l’auguste face du Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa sallam), car tu auras ainsi accompli l’invocation parfaite qui convient dans le tashshahud et en d’autres circonstances. » Fin de citation. Comme le fait remarquer le maître, Sayyîdî al-Hâjj Mâlik Sy (qu’Allâh l’agrée) dans son ouvrage al-Ifhâm al-Munkîr al-Jânî (Réduction au Silence du Dénégateur) : « Allâh a-t-Il dit ou indiqué une prière précise lorsqu’il dit, qu’Il soit exalté : ‘Priez sur lui (sallû `alayhi)’ ou le Hadîth authentique où le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam), en disant : ‘Celui qui prie sur moi…’, entendait telle ou telle prière ? » Fin de citation. Pour appuyer cette parole, en plus des propos déjà citées, le Prophète (sallâ-L-lâhu `alayhi wa-sallam) a transmis aux croyants diverses formulations de prières sur lui : Ô Allâh prie sur Muhammad et la famille de Muhammad… Ô Allâh prie sur Muhammad, Ton serviteur et Ton messager… Ô Allâh prie sur Muhammad, le Prophète illettré… Ô Allâh prie sur Muhammad, le Prophète, et sur ses épouses, les Mères des croyants… Ô Allâh prie sur Muhammad et la famille de Muhammad comme tu as prié sur Ibrâhîm… Cette dernière prière sur le Prophète (sallâ-Llâhu `alayhi wa-sallâm) comporte, à elle seule, des dizaines de versions rapportées par les savants et que l’on peut retrouver dans des ouvrages comme Dala-îl al-Khayrât (les Preuves des Bienfaits) du maître, le noble Muhammad ibn Sulaymân al-Jazûlî (qu’Allâh l’agrée) et ailleurs. La parole citée plus haut d’après notre maître Ibn Mas`ûd (qu’Allâh l’agrée) est très claire : « Lorsque vous invoquez la grâce sur le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) faites-le de la meilleure façon qui vous soit possible, car vous ignorez si cela lui sera présenté. » Shaykh Muhammad al-Hâfîdh (qu’Allâh l’agrée), le maître du Hadîth d’al-Azhar de son temps, précise que ce Hadîth est rapporté par Ibn Majâh d’après une bonne chaîne (hasan). Wa-Llâhu a`lâm. |
|
|
|
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|