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Ô Prophète, qu’est devenue ta communauté
?
Ô Prophète, qu’est devenue ta communauté ?
Hier si belle, si vertueuse. Aujourd’hui pâle, morne,
anxieuse. Demain ? Je n’ose y voir, semi-obscurité. Devant tant de gâchis,
comment ne pas pleurer ?
Ô Prophète, qu’est
devenue ta communauté ?
D’un homme, Envoyé
unique, a surgi une Nation. Solide, infaillible, flambeau de l’humanité
! Que s’est-il produit ? Nous voilà tous en prison. Qui êtes-vous ? Juges
impitoyables, sinistre assemblée !
Ô Prophète,
qu’est devenue ta communauté ?
Oumma, ma oumma,
ton cœur est bien malade. Les germes de la discorde ont dévasté ta
splendeur. Imaginaire ou virtuelle, nous en sommes tous coupable, Oui, je
l’avoue, notre orgueil a dévoyé notre honneur !
Ô
Prophète, qu’est devenue ta communauté ?
Du
juste milieu, son centre de gravité bascula. Des grandeurs et des faillites,
elle vécu les aléas. Engagée dans une traversée aussi périlleuse
qu’imprudente, A vouloir se renier, elle s’est mise en danger, l’Insolente
!
Ô Prophète, qu’est devenue ta communauté
?
Loin d’Allah, loin des nôtres, nos cœurs se
liquéfient, Les hommes se déchirent, les frères se délient, La crainte du
Très-Haut, de nos êtres, s’est évaporée, Ne cherchons pas ailleurs la cause
de notre adversité.
Ô Prophète, qu’est devenue ta
communauté ?
Faible, défiguré, notre Corps
s’assoupit, La langueur s’y développe, elle génère sa léthargie. Nos
membres s’alignent, rangs par rangs, pour la prière, Mais l’esprit, bien
souvent, s’évade de par l’arrière.
Ô Prophète,
qu’est devenue ta communauté ?
L’Heure se
rapproche, les hommes sont en perdition, A deux pas de la tombe, ils
fredonnent une chanson. Par les temps qui courent, l’humanité court à sa
perte, Qu’attendez-vous musulmans pour vite sonner l’alerte
?
Ô Prophète, qu’est devenue ta communauté
?
L’amour de cette vie a embelli nos
vices Et, de la douceur de la foi, nous prive du délice. Avons-nous perdu
le sens de la raison ? L’Enfer est pavé de bonnes
intentions.
Ô Prophète, qu’est devenue ta
communauté ?
Si Abou Bakr le véridique, Omar le
Prince des croyants, Tes fidèles disciples, tes scrupuleux lieutenants, Ne
sont plus nos modèles mais des personnages d’Histoire. Si nos cœurs ont
préféré cette vie à l’école de l’espoir ! Alors le temps n’est plus loin qui
verra venir Al Dajjal Celui que l’on nomme l’Imposteur saura vendre son
fiel.
Ô Prophète, qu’est devenue ta communauté
?
Les siècles se succèdent en une effroyable
similitude. Notre mémoire s’obscurcit, notre terre est une
solitude. Saurons-nous retrouver l’allégresse de l’authentique foi? Je
l’espère, O Prophète, n’as tu pas indiqué la voie ?

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