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Première Mère des Croyant(e)s





« A
cause du pacte des Quraysh, de leur pacte (concernant)
les voyages d’hiver et d’été. Qu’ils adorent donc le
Seigneur de cette Maison (la Ka’ba), (Lui) qui les a
nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! »
Sourate 106 : Koraïsh.
Ces
versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois
entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie
et tantôt vers Le Yémen. Le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait
entrepris ce voyage avec son oncle alors qu’il était
encore un tout jeune enfant. A l’âge adulte, Il avait
été engagé par as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
riche commerçante de La Mecque. Celle-ci avait entendu
parler de son sérieux et de sa probité. Elle connaissait
la valeur des hommes d’abord parce qu’en commerçante
avisée, elle traitait des affaires avec eux et, ensuite,
elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle
demeura veuve.
Elle
avait donc fait appel au Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – pour
conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule
arabique.
Ainsi,
le temps s’écoulait à La Mecque jusqu’au jour où as-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - s’était
confiée une amie Nafîsa Bint Muniyyah. Elle lui avait
manifesté son désir d’épouser le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.
Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches
nécessaires et avait obtenu le consentement du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.
Le
mariage avait été célébré en présence des familles et
des amis. Les deux conjoints avaient ainsi vécu pendant
quinze ans avant que la révélation ne provienne d'Allah
-
Exalté soit-Il -.
Muhammad
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait
reçu la révélation la nuit de la destinée (laylatu-l-qadri).
Allah
-
Exalté soit-Il - avait
choisi en lui le dernier des messagers. Cet événement
allait non seulement changer la vie de La Mecque mais
aussi de toute l’humanité. La mission, pour laquelle
il avait été désigné, était une charge difficile et
pénible dans ce milieu mecquois, plongé dans l’idolâtrie
et vers lequel convergeaient toutes les autres tribus
de la Péninsule arabique. Celles-ci venaient chaque
année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la
Ka’ba. Cette Maison antique était devenue le centre
de l’idolâtrie depuis de longs siècles.
Muhammad
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – fuyait
cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans
la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de
l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité
du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il
y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une Force
invisible qui les organisait et les gérait. C’était,
pensait-il, grâce à cette Autorité suprême, que le soleil
ne rencontrait jamais la lune et que la nuit succédait
continuellement au jour. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge
de quarante ans.
Entre
temps, as-sayyida -
qu'Allah soit satisfait d'elle - encourageait
l’isolement périodique de son époux, lui apportait tout
son soutien et veillait certainement sur sa sécurité.
Quant
le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait
connu la frayeur et doutait de ses facultés mentales,
à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel
-
Que la Paix soit sur lui -,
c’était vers as-sayyida Khadîja -
qu'Allah soit satisfait d'elle - qu’il
se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un
grand secours et d’un immense réconfort. C’était
auprès d’elle qu’il ressentait la tranquillité et la
paix de son esprit. C’était auprès d’elle qu’il s’armait
de patience et reprenait courage car les jours de repos
étaient terminés puisque l’ange Gabriel
-
Que la Paix soit sur lui - lui transmis
cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève-toi et avertit
les gens. Appelle-les à n’adorer qu'Allah
-
Exalté soit-Il -
et Lui seul. Mais à qui allait-il faire
appel et qui répondrait à son appel ?

Conformément
aux instructions reçues d'Allah
-
Exalté soit-Il -, le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – commença
sa prédication en appelant les membres de sa famille,
voire même ses proches amis, à embrasser l’Islam.
Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper
les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel
a été entendu par une poignée de personnes que l’ambition
et l’orgueil n’effleuraient pas l’esprit.
As-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
l’épouse du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – a
été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier
instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira
était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne
se borna pas seulement à croire au Message, dont Muhammad
sera porteur, mais elle lui apporta son soutien moral
et matériel. As-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
femme énergique et douée de bon sens, avait la manière
d’apaiser les angoisses de son mari et de lui insuffler
du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait.
Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme,
aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être
le jouet de manoeuvres sataniques.
Des
êtres vertueux de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés
par Allah
-
Exalté soit-Il -. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection
de la part de leur Créateur et de toutes les personnes
qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié.
Or, as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - insistait
auprès de son époux pour lui expliquer qu’il appartenait
à cette catégorie d’hommes que le Tout Puissant n’abandonnent
pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux
ne le délaisseront pas dans les moments si critiques
soient-ils.
-
Certes, jamais Allah
-
Exalté soit-Il -,
lui dit-elle, ne t’infligera d’affronts, car tu es uni
avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes
à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours
les hôtes des vicissitudes du droit ».
Ibn
Sa’d précisa que tous les Compagnons étaient unanimes
à affirmer que as-sayyida Khadîja Bint Khuwaylid
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - a
été la première personne à prêter foi en la mission
du Sceau des envoyés
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.
Ibn al-Athîr, entre autres, le confirma en ajoutant
qu’aucun homme ou aucune femme ne l’a précédée. La mère
des croyants a été, de ce fait, la première à accomplir
la prière derrière le Messager de l’Islam.
As-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - avait
une haute conscience des événements et des problèmes
du milieu où elle vivait. Elle était au courant des
discussions que des gens tenaient entre eux au sujet
de la venue d’un prophète. Elle était informée de cette
attente et des circonstances de sa manifestation. C’est
pourquoi, elle n’était pas étonnée d’entendre son mari
expliquer ce qu’étaient la révélation et la mission
prophétique.
Elle
n’était donc pas ni surprise ni étonnée de l’événement
survenu dans la grotte de Hira. N’importa quelle autre
femme, semble-t-il, aurait été ahuri et envahie de peur
si son époux serait venue lui apprendre l’apparition
de l’ange Gabriel
-
Que la Paix soit sur lui - et lui narrer les faits qui l’avaient
secoué tant physiquement que moralement. Aussi, as-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
sereinement, a-t-elle accueilli la bonne nouvelle en
ces termes :
-
Reçois la bonne nouvelle, ô fils de mon oncle, et tiens-toi
fermement à elle. Je jure par Celui qui détient l’âme
de Khadîja dans Ses mains, j’espère que tu seras le
Prophète de ce peuple ».
As-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - n’était
pas la seule femme de se tenir au courant des événements
qui prévalaient au sein de sa société. Son exemple,
rapporté par les historiens, indique que, d’une manière
générale, la femme de cette époque n’était recluse,
enterrée entre quatre murs, ignorante des dires et des
faits de son environnement. Bien au contraire, il montre
que la gent féminine se préoccupait des affaires qui
se déroulaient autour d’elle. Il ne serait pas exagéré
d’affirmer que la formation de son esprit et de sa conscience
lui offrait l’occasion de saisir toutes les opportunités,
de faire des choix et de prendre des décisions sages
et sensées.
La
particularité de as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - était
une femme vertueuse, loin des pratiques idolâtres. Elle
appartenait certainement à ce groupe de Hunafâ (pluriel
de hanîf) qui suivait la religion d’Abraham, le père
des croyants. Elle en donna la preuve en soutenant l’ascétisme
de son mari qui, chaque année, s’isolait dans la grotte
de Hira pour s’adonner à la méditation.
C’était
elle qui lui préparait ses provisions quand il descendait
de cette montagne, le temps de les prendre et de retourner
au même lieu. Elle-même participait parfois à ce rigorisme
cultuel destiné au culte d'Allah
-
Exalté soit-Il -,
si nous nous référons à Wahb Ibn Kaysân, qui rapporta
le témoignage de ‘Ubayd Ibn ‘Umayr Ibn Qatâda ak-Kaythî :
« (Muhammad) alla à Hira, comme il avait l’habitude
de le faire, accompagné de sa femme (ahlihi) ».
De
la même manière qu’elle le secondait dans l’approvisionnement
des pauvres en nourriture, elle recevait aussi les hôtes
devant lesquels son époux ouvrait largement les portes
de sa maison. Son comportement renforce la conviction
de ceux qui déclarent qu’elle avait adhéré, en son temps,
à l’idée de l’existence du Dieu Unique, sans aucun associé,
Tout Puissant, Créateur des hommes et des mondes.
Il
est probable que, du moment qu'Allah
-
Exalté soit-Il -
choisit Muhammad pour en faire Son Messager et le prépara
à cet effet, Il lui donna, par la même occasion, une
épouse qui, en refusant le culte des idoles, était disposée
à accueillir favorablement la révélation divine. C’est
ce qui expliquerait pourquoi, lorsque son mari revint
de la grotte de Hira, tout tremblant de frayeur à la
suite de la gigantesque vision de l’archange, elle ne
s’émut pas. Elle ne fut point bouleversée. Au contraire,
elle comprit ce qui s’était produit. Mieux encore, elle
ne douta pas un seul instant de sa narration mais crut
en elle sans aucune hésitation ou suspicion.
Quand
elle lui dit qu’il n’avait pas à redouter quoi que ce
soit car il entretenait de forts liens familiaux et
était généreux, dénotait la pureté de ses intentions
et la perfection de son jugement. En le décrivant comme
ayant de hautes vertus morales et comme un défenseur
de la vérité, elle résumait, en seule expression,
une des perspectives de sa mission.
Quoi
qu’il en soit, as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - avait
une forte personnalité. Elle était sûre d’elle-même
et convaincue en ce qu’elle croyait. A ce sujet, elle
était honnête et sincère avec ses idées. C’est dire
que ce n’était pas la présence de son mari auprès d’elle
qui influença sa pensée. Elle n’avait pas été charmée
par la personnalité du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – au
point de dire qu’elle n’avait fait qu’imiter et copier
son comportement. Cet épisode montre qu’elle savait
elle-même prendre des initiatives sans attendre des
instructions de son époux : elle tenait à vérifier si
l’apparition était un ange.
Selon
al-Bayhaqî, as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé
d'Allah
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – :
-
Ô fils de mon oncle !
Peux-tu m’informer du moment ou
ton compagnon t'apparaîtra ?
Ainsi,
alors que le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – se
trouvait chez Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
l’archange Gabriel
-
Que la Paix soit sur lui - se manifesta à lui. Il en avertit
son épouse car il le voyait distinctement. Ce qui n’était
pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir
à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir.
En effet, l’apparition se maintenait.
Puis,
elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur
ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur
de la maison.
Ensuite,
elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses
cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité
qui détournerait le regard de toute personne pudique.
Devant une telle scène, l’archange s’éclipsa aussitôt.
Ce fut alors qu’elle dit :
-
Ce n’est pas un démon.
C’est bien un ange qui
se montre à toi, ô fils de mon oncle !.
Il
n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -.
Son époux était bien l’Envoyé d'Allah et l’ange Gabriel
le transmetteur du Message divin.
Certes,
as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - avait
une totale confiance en son mari. Cependant, ce n’est
pas seulement ce crédit qu’elle lui portait qui l’amena
à embrassa la religion d'Allah
-
Exalté soit-Il -.
La cause profonde de cette adhésion était sa conviction
que la religion communiquée au Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était
celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait
en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham.
Cette
évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait
entendu de la bouche de son époux auprès de Waraqa Ibn
Nawfal
-
Qu'Allah soit satisfait de lui -. Cet homme, âgé et d’une grande piété, était
versé dans les questions religieuses. Il était aussi
attentif à la venue d’un nouveau prophète.
Après
lui avoir exposé tous les détails des événements vécus
par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien
assuré de ses paroles, répondit :
-
Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument
véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange
Gabriel) qui est venu... (Muhammad) est certainement
le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement.
Aussitôt,
as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - retourna
chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle vient
entendre. Elle en informa le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.
Le
Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – ne
pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde
que forte de son épouse. La vigueur du caractère de
cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive
sur le moral de l’Envoyé d'Allah
-
Exalté soit-Il -.
Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité
d'Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie
et l’associationnisme de son peuple. Elle était
toujours là quand les Qurayh manifestaient leur répugnance
et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement,
ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait
son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait
à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et
de résistance farouche.
Le
Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – se
réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit,
il y a avait constamment quelqu’un pour supporter sa
mission, le soutenir dans ses activités si ardues et
stimuler sa volonté.
As-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - n’a
pas été la seule femme à embrasser l’Islam à La Mecque.
D’autres femmes avaient donné leur adhésion. Cependant,
l’histoire n’en parle qu’au passage, sans apporter des
détails sur le procédé de leur attachement à la religion
qui prônait le tawhîd dans un milieu miné par l’idolâtrie.
Par contre, à Médine, les historiens parlent abondamment
de ces femmes représentées par Umm Salîm. En dehors
de ce cas, les livres historiques sont, malheureusement,
avares en matière d’information à leur sujet.
Nous
pouvons dire qu’à travers la première épouse du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –,
nous avons un modèle de la mentalité de la femme arabe
et de sa capacité de faire un choix libre et conséquent.
Il n’est donc pas exclu que d’autres femmes avaient
fait montre de raisonnement et de jugement devant la
révélation qui leur parvenait soit oralement, soit,
par exemple, sur des feuilles de palmier. Leur
expérience de la vie mecquoise et leur conscience aigue
constituaient une source de volonté et de libre choix.
Nous
avons, toutefois, un léger aperçu des souffrances endurées
par certaines femmes au service de l’Islam. Leur patience
et leur endurance expliquent que la croyance en la religion
communiquée par le Sceau des envoyés
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était
solidement ancrée dans leur esprit et leur cœur. Ce
n’était ni la raison, ni la conscience qui leur manquaient.
Bien au contraire, elles n’avaient, en ce domaine, rien
à envier aux hommes.
Quoi
qu’il en soit, ce que l’histoire nous rapporte, c’est
le cas de ces femmes qui ont adhéré à l’Islam avant
leurs pères, leurs frères et leurs enfants. C’est encor
là une autre preuve qui atteste que leur ralliement
n’est pas la conséquence d’un suivisme religieux. En
effet, leur inclination précoce vers la religion d'Allah
était le produit de leur liberté, de leur volonté privée
et de leur personnelle prise de conscience.
La
vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut
et le bas mais plus souvent vers le bas, surtout le
jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper
le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – et
sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui
dura six mois. Quelques temps après, son oncle paternel
Abû Tâlib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était
son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme
des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle -,
son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le
monde terrestre, laissant son époux, provisoirement,
seul et sans compagne. Cette fois, on peut dire que
le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était
totalement orphelin.
Ibn
Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte vizir
de sincérité de l’Islam ». Ce fut ce que les historiens
appelèrent « L’année du deuil ».
Le
souvenir de as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - était
si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la
défunte arriva à Médine. Quand le Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – crut
entendre sa première femme dans la cour de la maison,
tant la voix de l’une ressemblait à l’autre. Son
cœur se mit alors à palpiter très fort.
Le
corps de as-sayyida Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - avait
disparu mais son souvenir demeura gravé dans le cœur
du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.
Il eut pourtant d’autres épouses mais il n’oublia jamais
la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja
rendait d’ailleurs ‘Aïsha
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - jalouse
de tant de prévenance. Elle lui dit un jour :
-
On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde
en dehors de Khadîja ».
En
une autre occasion, à la suite de certains reproches
que ‘Aïsha
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - ne
manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait
de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit
:
-
Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient
impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment
où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru
avec ses biens quand les gens m’en privaient. Elle a
été la femme qui m’a donné un garçon .
Depuis,
‘Aïsha
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - ne
parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son
époux.
As-sayyida
Khadîja
-
qu'Allah soit satisfait d'elle - mourut
trois années avant l’Hégire. Rappelons que Muhammad
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – s’était
marié quinze ans avant de recevoir la révélation. Il
s’ensuit que ces quatre filles étaient nées pendant
la période jâhilienne et trois d’entre elles étaient
déjà mariées. Avant de parler d’elles, il est intéressant
d’analyser brièvement la condition de la femme dans
la société. Arabe. Cela nous permettra de saisir
la dimension des sentiments du Prophète
–
que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – à
l’égard de ses filles.
Extrait
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La maison du Prophète Ses filles, ses épouses et leur environnement féminin
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