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 Au
Nom d'Allah Le Tout-Miséricordieux Le Très-Miséricordieux
L'enfant
aveugle

Je
ne dépassais pas la trentaine quand mon épouse eut le
1er enfant.
Et
je me rappelle encore cette nuit que j’ai passé en compagnie
de mes copains jusqu’au bout de la soirée très tardivement
donc et on parlait de tout et de rien mais beaucoup
plus de rien des choses peu importantes et même banales.
J’ai
toujours été celui qui sait faire rire les autres .
Je savais imiter quiconque et toutes les voix.
Et
cette nuit là je les avait fait beaucoup rire.
C’était
ma passion et mon savoir faire.
Tout
le monde y passait donc je ridiculisais tout le monde
avec mes plaisanteries et il y’en avait qui évitaient
de me rencontrer pour éviter d’être sujet d’un amusement
d’une soirée.
Et
je me rappelle que ce jour là je leur racontais l’histoire
d’un aveugle rencontré le matin même dans un marché
et à qui j’ai donné un cloche pied et le gars est tombé
se relevant et cherchant bêtement qui l’a fait tomber
il paraissait ridicule alors qu’il ne voit pas.
Et
moi j’ai éclaté de rire sur lui au point où ça raisonnait
dans tout le marché.
Cette
nuit là donc je suis rentré très tardivement, j’ai trouvé
ma femme la larme aux yeux qui m’attendait en me disant
mais où étais tu donc ?
Elle
paraissait très fatiguée. Elle allait accoucher.
Une
larme s’écoula sur son visage j’ai senti alors que j’ai
abandonné ma femme au moment où elle avait besoin de
moi.
Je
l’accompagne vite fait à l’hôpital donc et dans la salle
d’attente j’ai attendu longuement et elle, entre temps
souffrait terriblement des heures sont passées et pas
encore accouché.
Epuisé
je suis rentré chez moi en laissant mon numéro de téléphone pour
qu’ils m’appellent quand s’est fait.
Quelques
heures passent et ils m’appellent. j’y cours. Je demande
à voir mon enfant ils me disent non tu vas d’abord voir
le médecin. Je dis pourquoi ? j’ai besoin de voir mon
fils pas le médecin et on insistât que j’aille voir
le médecin accoucheur d‘abord.
Ce
que je fais. Elle me dit votre bébé a une malformation
dans ses yeux et il paraît être même aveugle.
J’ai
pris ma tête entre mes mains repoussant ma colère et
ma souffrance à cet état de fait et me rappela tout
de suite l’aveugle du matin et ce que je lui ai fait.
Je
suis resté comme une statut ne sachant que faire puis
je me suis rappelé ma femme et je cours la voir.
Ma
femme était une pure croyante, elle a accepté la chose
se remettant à Allah.
Elle
me disait toujours arrête de rire sur les autres.
Nous
sommes sortis de l’hôpital et le bébé avec nous.
Et
en réalité jamais je ne me suis occupé de lui et je
considérais même qu’il n’était même pas à la maison.
Quand dans la nuit il pleurait beaucoup je quittais
la chambre pour aller dormir ailleurs.
Ma
femme elle s’occupais beaucoup de lui et l’aimait énormément.
Quant
à moi je ne le détestais pas mais je n’arrivais pas
à l’aimer.
Quelques
mois passèrent, il marchait à 4 pattes d’une façon bizarre,
puis quand il a commencé à se mettre debout et à marcher
nous avons constaté qu’il boitait aussi.
Et
là je l’ai encore repoussé.
Après
lui ma femme eut deux autres garçons.
Ils
ont grandis ensemble tous les trois.
Je
n’aimais pas rester à la maison, j’étais toujours avec
mes copains, en fait j’étais comme une sorte de jouet
dans leurs mains.
Et
ma femme n’est jamais arrivée à être épuisée de réveiller
sur ça mais en vain .
Elle
me reprochait toujours d’être plus prés des deux autres
enfants et différent avec Salem (laîné) et cette différence
je l’affichais.
Ma
femme décida de le mettre dans une école spécialisée
pour handicapé et j’y ai adhéré.
Mes
jours n’étaient que : boulot, dodo, soirée, et bouffe
et je n’avais pas senti les années passer.
Un
jour, un vendredi je me leva le matin et j’étais invité
à déjeuner, je me prépare pour l’occasion donc costumé,
parfumé et je me dirige vers la sortie.
En
passant par le salon j’ai entendu Salem pleurer à chaude
larmes.
C’était
la première fois que je le voyais pleurer depuis qu’il
était bébé. 10 ans sont passés et jamais je ne suis
allé vers lui.
J’ai
essayé de l’ignorer mais je n’ai pas pu.
A
partir de la chambre je l’entendais appeler sa mère.
Je
me suis dirigé vers lui et je lui ai dit : Salem qu’as
tu ?
Quand
il entendit ma voix il s’arrête net de pleurer.
Et
quand il sentit ma présence il commencer à chercher
quelque chose avec ses petites mains.
En
fait il voulait me fuir. Comme s’il disait au fond de
lui après dix ans ce n’est qu’aujourd’hui que tu sens
ma présence ?? que j’existe ?? où étais tu donc pendant
ces 10 années ??
Il
rentra dans sa chambre. Il refusa au début de me dire
pourquoi il pleurer, mais par la suite finit par le
dire.
L’enfant
pleurait, parce que son jeune frère qui avait pour habitude
de l’accompagner à la mosquée pour la prière tardait
à venir et il avait peur de ne pouvoir trouver une place
au premier rang. Il avait appelé son frère et appelé
sa mère mais personne ne répondit. Ils étaient absents.
Je
me suis mis à regarder ses yeux aveugles entrain de
pleurer.
Et
je n’ai pas pu continuer à écouter la suite de ce qu’il
avait à me dire.
J’ai
porté ma main sur sa bouche pour qu’il ne dise plus
un mot. Et je lui demande est ce pour ça que tu pleure
Salem ?? et il répondit que oui.
Sur
le champ j’ai oublié mes amis et j’ai oublié l’invitation,
et je lui dis Salem ne sois pas triste, sais tu qui
va t’accompagner à la mosquée ? il répondit oui c’est
Omar. Je lui répondit alors non ce sera moi.
Surpris,
puis doutant que encore une fois je plaisantais il commença
à pleurer. J’ai alors essuyé ses larmes et pris sa petite
main et je l’ai accompagné.
Je
voulais l’emmener en voiture mais il refusa il me dit
que la mosquée est tout prés et qu’il faut y aller à
pieds..
Je
ne me rappelle pas de la dernière fois où j’ai mis les
pieds dans une mosquée.
Mais
je sais que c’est la première que j’y rentre avec une
peur et un regret sur tout ce que j’ai durant toutes
ces années passées.
La
mosquée était pleine mais j’ai quand même réussi à trouver
place à Salem dans la première ranger.
Nous
avons écouté l’imam et il a fait la prière à côté de
moi où plutôt en réalité j’ai fait ma prière à côté.
A
la fin de la prière il me demanda de lui ramener un
livre de coran.
Je
trouvais ça bizarre puisqu’il ne peut pas lire alors
pourquoi il demande le livre.
J’ai
failli ignorer sa demande , mais je l’ai fait car j’avais
peur de le blesser. Je lui tends le livre il me demanda
d’ouvrir la page de la sourate «
el kahf » " la Caverne ".
quand j’ai trouvé la page il prend le livre et le met
devant lui et il commence à lire la sourate avec ses
yeux fermés.
Ô
Allah mais il est entrain d’apprendre la sourate
entièrement. J’ai eu honte de moi et j’ai pris un autre
livre.
J’ai
senti alors que tous mes membres tremblait, j’ai lu
et lu et lu et j’ai prié Allah qu’il me pardonne
et qu’il m’oriente vers le droit chemin.
Je
n’ai pu supporté et j’ai commencé à pleurer comme un
enfant.
Il
y avait encore quelques fidèles qui faisaient des prières
en plus j’étais gêné. J’ai essayé de me retenir.
Mais
ces pleures se sont transformé à sorte de défoulement.
Je n’arrivais plus à me retenir. Je m’extériorisais
en fait.
Jusqu’à
ce que j’ai senti une petite main se poser sur mon visage
m’essuyant les larmes, et c’était Salem.
Et
je l’ai pris dans mes bras.
“
Aucun père ne peut offrir de meilleur cadeau à son fils
que les bonnes manières. “
“
J’ai dix enfants et je n’en ai jamais embrassé aucun.
Le Prophète d’Allah regarda dans sa direction et lui
dit : On ne fera pas preuve de bonté envers celui qui
n’est pas bon. “
“
Le meilleur d’entre vous est celui qui se conduit le
mieux envers sa famille et je suis le meilleur envers
la mienne . “
“
Chaque fois qu’un musulman dépense quelque chose pour
sa famille , en espérant là une récompense (de la part
d'Allah) , cela lui est compté comme acte de charité
. “
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