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Editions:
Editon Iqra
Année:
2000

Préambule
L'auteur :
L'auteur de
ce livre est Abu Abdallah al-Hakîm at-Tirmidhî(1), né dans la ville
de Tirmith au nord de l'Iran au début du troisième siècle de l'hégire
(neuvième de l'ère chrétienne), à cette époque la Perse était sunnite. Sa
famille était d'origine Arabe, son père était un traditioniste (Muhadîth),
sa mère et sa grand-mère étaient des femmes lettrées. Il dit de lui même
dans son autobiographie « Dieu — Qu'Il Soit exalté et magnifie — m'a fait grâce
d'un maître (Cheikh) qui m'incite aux sciences, m'encourage à leur
apprentissage et cela depuis l'âge de huit ans, au point que les études ont
substitué pour moi le jeux des enfants de mon âge...
»
Al Hakim at-Tirmidhî est
un personnage classé parmi les grands savants de l'islam il fut un maître
incontesté de la spiritualité musulmane, la richesse de ses écrits et leur
diversité témoigne de cela. On lui trouve des écrits sur la science des hadîths,
l'exégèse du Coran, les sciences de la voie et de la sagesse. Et son livre le
plus originale fut « Khatm al Awliyyâ’» (
le Sceau de la
sainteté).
Farîd Ed-dine al Attâr dans
son livre « le mémorial des saints » parle de Tirmidhî en ces termes
:
« Abu Abdallah Tirmidhî ; il mourut en
255 de l'Hégire (868-869 J.C.) à Termith sur la rive droite du
Djeïhoun.
Lui qui avait vu Dieu en
songe, qui avait pénétré les secrets de la vérité, ce saint adonné aux
mortifications, Mohammed ben Ali, que la
miséricorde d'Allah soit sur lui ! Accompli dans toute espèce de sciences, il
multipliait ses mortifications et ses miracles. Ses connaissances en philosophie
étaient sans bornes et on le surnommait le Saint philosophe. Il avait été en
relation avec beaucoup de docteurs.
Voici ce que le cheikh racontait : « Il arriva une fois que, de
concert avec deux mollas,je formai le projet
d'aller dans les autres villes pour y acquérir de l'instruction et me
perfectionner dans la science. Lorsque ma mère eut connaissance de ce projet
elle en fut triste et me dit : Quoi : mon fils, tu veux partir et laisser seule
ta mère devenue infirme ! Comment pourrai-je vivre sans toi ? Je renonçais donc
à accompagner ces deux mollas, qui partirent seuls pour leur voyage. Un
Jour que j'étais assis au milieu de quelques tombes, je m'écriais dans un élan
de mon coeur : Mon Dieu, me voilà perdu ici, condamné à ne rien apprendre,
tandis que mes compagnons reviendront avec la science qu'ils auront acquise ! Je
n'avais pas achevé de prononcer ces paroles que paru soudain un homme à barbe
blanche qui vint à moi et me demanda pourquoi je m'affligeais ainsi. Lorsque je
lui eus raconté ma situation, il me dit : Si tu veux, je te donnerai chaque jour
des leçons et tu en apprendras bien plus long que ceux qui sont partis.
Effectivement il me donna chaque jour des leçons et me continua son enseignement
pendant trois ans. Au bout de ces trois ans je sus que khodja qui s'était chargé de mon instruction était
al-Khadir(3), sur
lui soit le salut ! Et c'était grâce à ma mère que j'avais obtenu un si grand
bien. »
Abou Bakr al-Varrâq :
« Un jour que j'étais sorti de chez moi avec le cheikh, nous cheminâmes un
certain temps sur la route. Soudain, dans une plaine, je vis un grand arbre, une
source et une verte prairie. Je vis aussi un trône d'or sur lequel siégeait un
personnage richement vêtu. A ses côtés étaient assis quarante compagnons. Le
cheikh ayant donné le salut, ce personnage se leva et le fit asseoir près de lui
sur le trône. Ils causèrent ensemble longtemps, puis l'inconnu fit un signe vers
le ciel et en descendit plusieurs espèces de plats dont nous mangéâmes. Après
quoi le cheikh, ayant demandé la permission de se retirer, reprit le chemin de
la ville de Termith, que nous regagnâmes en peu de temps. Alors il me dit : Il
faut avouer que tu as eu du bonheur aujourd'hui de voir de tels personnages ! -
Qui était-ce donc, ô cheikh ! lui demandai-je, et en quel lieu étions-nous ?
-C'était Khadir, sur lui soit le salut ! me répondit il; quant à l'endroit où
nous étions,c'est celui-là même où est resté pendant quarante ans Moussâ
(Moïse), sur lui soit le salut ! Avec toutes ses bandes et qui est connu sous le
nom de désert. Surpris de l'entendre parler ainsi, je lui dis : Mais comment
as-tu pu parcourir une si longue route en quelques instants ! Ah ! reprit le
cheikh, tu n'en es pas encore là toi ! »
On raconte que al Hakîm Tirmidhî avait, de son oeil intérieur, vu
Dieu en songe mille et une fois. Le
cheikh disait : « Cent lions affamés pénétrant au milieu d'un troupeau de
moutons n'y causeront pas autant de ravages qu'en causera Chaïtân en un instant
dans le coeur d'un pécheur, et cent démons ne feront pas ce que fera en un
moment la force de la personne sensuelle.»
Voici ce que le cheikh racontait : « Quand Âdam et Hawâ',
après avoir fait pénitence,
eurent été réunis, il arriva un jourqu'Adam étant sorti pour une affaire,
Chaïtân, ayant pris avec lui son fils nommé El Khannâs (celui qui s'esquive),
vint vers Hawâ' et lui dit :
-
Je suis obligé de s'absenter pour affaire ;
permets que mon fils reste auprès de toi jusqu'à mon retour. - Soit, dit Hawâ'.
Chaïtân ne fut pas plus tôt parti qu'Adam survint. Quel est cet enfant ?
demanda-t-il. - C'est le fils de Chaïtân, répondit Hawâ'.
Adam, irrité contre
Hawâ', tue le fils de chaïtân, suspendit à une branche d'arbre chacun des
morceaux de sa chair et retourna travailler. Aussitôt arriva Chaïtân, qui
demanda où était son fils. Lorsque Hawâ' lui eut raconté ce qu'Âdam avait fait,
Ibis(4) appela son fils et sur-le-champ, les morceaux de chair qui se
trouvaient au haut des arbres se rejoignirent et
formèrentun corps vivant, lequel vint se placer auprès
de Chaïtân. Ensuite celui-ci, multipliant ses prières et ses recommandations,
confia de nouveau son fils à Hawâ' et s'éloigna. A son retour Adam,
furieux de voir encore cet enfant battit Hawâ' en disant : Je ne comprends pas
pour quelle raison mystérieuse tu écoutes les paroles d'un ennemi, sans tenir
compte des miennes ! Puis il tua le fils de Chaïtân et le brûla ; après quoi il
jeta à l'eau une moitié de ses cendres, dispersa l'autre moitié au souffle du
vent et s'en alla travailler. De son côté Chaïtân revint et Hawâ' lui apprit ce
qu'Adam venait de faire. Chaïtân n'eut pas plutôt appelé son fils que celui-ci
ressuscita et accourut auprès de son père. Alors Chaïtân supplia Hawâ' de se
charger encore de son fils ; mais elle ne voulut pas d'abord y consentir.
Cependant, vaincue par ses conjurations et ses prières, elle finit par accepter.
Il lui laissa donc son fils et sortit. Adam, survenant, entra de nouveau en
fureur ; puis il tue l'enfant et, l'ayant fait frire, il en mangea la moitié et
fit manger l'autre à Hawâ'. Suivant certains récits, la dernière fois que le
fils de Chaïtân fut rendu à la vie, ce fut sous la forme d'un mouton. Adam
parti, Chaïtân arriva. Quand Hawâ' lui eut rendu compte de ce qu'avait fait
Adam, il se réjouit et dit : Mon but était précisément de pénétrer dans vos
entrailles et de m'y implanter ; puis il appela El Khannâs qui lui répondit du
fond du corps d'Adam et de Hawâ'. Que le Seigneur très haut garde tous les
musulmans des ruses de Chaïtân et des maux que suscite la
personne sensuelle
..»
1 Le nom entier est Abu
Abdallah Mohamed ibn al Hasan ibn Bichr al Hakîm
At-Tirmidhî 2
Le Saint homme. 3 Al Khadir est ce
mystérieux serviteur de Dieu dont k Coran relate la rencontre avec le prophète Moïse dans la sourate «la
caverne ». Les traditions prophétiques l'identifient comme étant l'immortel
initiateur errant. 4
Iblis est l'un des noms de Chaïtân.

Le livre
:
Un
disciple ayant pris la ferme décision de cheminer
vers Allah - Exalté soit-Il -,
demanda à son maître, Tirmidhî, de lui décrire
les stations incontournables par lesquelles tout
itinérant vers la proximité d'Allah doit passer.
Le maître répond à son disciple en lui composant
la présente étude. En s'appuyant sur le Coran
et la Tradition Prophétique il dresse les premiers
chemins qui mènent à la station clef qui est celle
du «repentir»,
une plate forme sans laquelle toute évolution vers
les hauteurs spirituelles est compromise. Une
fois la réalité de cette station décrite ainsi que
les résultats de sa réalisation, l'auteur enchaîne
vers d'autres stations, telles celle de l'ascétisme
puis celle du combat du nafs, de l'amour d'Allah,
de la rupture avec les passions, de la crainte révérencielle
et finit par la station de la proximité.
Tirmidhî
parle de sept stations ( demeures ), alors que d'autres
auteurs Musulmans ont dénombré neuf stations comme
Al-Ghazali. D'autre encore ont dénombré cent
demeures comme Al Harawi al Ansâri etc. Mais
en réalité ces multitudes de demeures sont des développements
de ces sept demeures principales, comme ces sept
demeures sont elles-mêmes un développement de la
station ( demeure ) primordiale que doit emprunter
impérativement tout aspirant à la proximité Divine,
qui est celle de la
soumission à Allah (
Islam )
religion des prophètes depuis Abraham jusqu'à Muhammad
- que la Paix et le
Salut soient sur lui -
ainsi qu'a tous ces frères prophètes.
Le titre original du livre est : Manâzil al `ibâd mina L'ibâda (lit.
Les demeures des serviteurs dans l'adoration de Dieu). Pour mieux représenter le
contenu du livre nous avons choisi ce titre : Les
sept degrés spirituels dans le chemin vers Dieu.
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